10a Dépêches et controverses décembre 2010 _ mai 2011

 

Que cessent les ravages engendrés par l’activité des multinationales dans les filiales lointaines: telle est la mission de Sherpa, association créée en 2002 par deux avocats: William Bourdon et Yann Queinnec.

 

A l’appui de cette utopie réaliste – Sherpa a déjà fait plier quelques puissances comme Total et Areva – un cahier de 46 propositions paraît, préfacé par Mireille Delmas-Marty.

 

C’est une réflexion juridique de haute volée, au service de deux objectifs. Rendre la société mère d’un groupe responsable de l’action de ses antennes étrangères et permettre aux petites mains, à l’autre bout du monde, de saisir la justice, quand advient l’un des crimes les plus fréquents: rejets toxiques dans les rivières ou les rizières, déforestation sauvage et mise en péril de la vie de villageois, cancers par inhalations pétrochimiques. Les pays où s’effectuent l’acquisition de matières premières, la transformation, l’assemblage, le transport et autres sous-traitances, sont le terrain de jeu des plus forts, lesquels usent et abusent du laxisme des législations locales.

A.C.

« Réguler les entreprises transnationales. 46 propositions», préface de Mireille Delmas-Marty. Téléchargeable gratuitement sur le site : http://www.asso-sherpa.org/archives/1268

 

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Hasard du calendrier, Amnesty International épingle la France sur sa politique migratoire au lendemain de la décision de l'Union européenne d'autoriser les contrôles aux frontières de l'espace Schengen, décision largement appuyée par Paris.

 

 A l'occasion de la publication vendredi de son rapport annuel 2011, Amnesty International pointe du doigt l'approche de la France vis-à-vis des migrants tunisiens, des réfugiés, des demandeurs d'asile et des Roms.

Le vice-président d'Amnesty France a souligné des "contradictions" entre "des grandes prétentions en matière de droits humains" et "les faits".

 

"Malheureusement, en 2011 comme en 2010 et les années précédentes, la France met beaucoup plus l'accent sur le contrôle de l'immigration que sur la protection des droits des réfugiés, des demandeurs d'asile, des migrants", a déclaré jeudi le vice-président d'Amnesty France, Francis Perrin.

 

Il a notamment regretté "le repli sur soi" du gouvernement face à l'arrivée de migrants tunisiens depuis le début de l'année. Or,  "le traité de Lisbonne de l'Union européenne prévoit des mécanismes de solidarité et de partage équitable des responsabilités dans le domaine du traitement des flux de migrants", a-t-il tenu à souligner.

 

L'organisation craint que le projet de loi sur l'immigration, définitivement adopté mercredi par le Parlement, contribue "à fragiliser encore davantage les droits des réfugiés et des migrants".

 

Amnesty se dit, en outre, "préoccupée par la marginalisation des Roms, contre qui étaient dirigées des opérations d'expulsion forcée et de reconduite à la frontière" l'an dernier, malgré l'annulation d'une circulaire sur les évacuations de campements illicites du mois d'août, qui visait explicitement cette population.

 

Enfin, Amnesty dénonce de nouveaux signalements de violences policières en France et déplore que "les enquêtes sur ces allégations progressent lentement". L'ONG assure "faire pression sur les autorités françaises pour qu'elles choisissent de mettre l'accent sur l'insertion et non sur la voie répressive".

Eclairage Que prévoient les accords de Schengen ?

 

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Soins psychiatriques sous contrainte

10 mai 2011 par Equipe parlementaire Laisser un commentaire »

Mardi 10 mai, le Sénat examinait le projet de loi relatif aux soins psychiatriques sous contrainte.

 

Voici le verbatim de l’intervention Jean Desessard lors de la discussion générale. Jean Desessard était également présent lors du rassemblement organisé par le Collectif 39 devant le Palais du Luxembourg.

 


Intervention de Jean Desessard lors de la discussion générale

 

 

Monsieur le Président, Madame et Messieurs les Ministres, Monsieur le Rapporteur, Madame la Présidente de la Commission, chers collègues,

 

 

Nous sommes face à un projet de loi qui privilégie le sécuritaire face au sanitaire.

 

 

  • Ce qui nous divise profondément dans l’approche de ce sujet, Madame et Messieurs les Ministres, c’est notre conception de la folie.

     

Faut-il avoir peur des fous ? Faut-il punir ou guérir ? Et comment guérir ? Par la parole ? Par la seringue ?

 

 

 Votre projet de loi s’inspire d’une vieille représentation populaire, celle du fou dangereux, du fou errant… elle ne s’intéresse pas à la souffrance psychique de milliers de Français.

 

 

Cette loi ne s’appuie en rien sur la réalité clinique du soin en psychiatrie.

 

 

Une fois de plus, votre souci n’est pas que la loi soit appliquée (sinon vous auriez prévu davantage de moyens), encore moins pour améliorer la situation de ceux qui auront à en subir les effets. Cette loi ne sert qu’à afficher la force de l’Etat-gendarme. C’est aux plus faibles qu’il faut s’attaquer si on veut être certain du résultat.

 

 

Au passage, cette loi dénigre un autre corps professionnel, après les policiers, les enseignants, les chercheurs, les magistrats, les personnels hospitaliers…

 

 

Était-ce si compliqué de s’appuyer sur les avis des psychiatres quand on prétend réformer la psychiatrie ?

 

  • Le Chef de l’Etat et le Gouvernement se sont emparés du sensationnel, un fait divers dramatique, pour mieux entretenir une logique sécuritaire et répressive des politiques publiques.

 

Dans cette loi, on se préoccupe peu des conditions d’accueil des malades, de la formation pour les professionnels, et encore moins des budgets pour l’ensemble de la psychiatrie. Un véritable projet de loi sur l’organisation de la santé mentale défendrait le secteur. Ce n’est pas le cas ici.

 

 

En filigrane, on retrouve votre refus de la prise en considération des problèmes sociaux des patients, l’obligation de soins désignée comme la seule réponse efficace et le médicament comme seul soin fiable.

 

 

L’idée de ce texte, ce n’est pas de garantir la sureté des malades mais celle des non malades.

 

  • Que va-t-il se passer si la question du trouble à l’ordre public prédomine sur la préoccupation de la qualité des soins ? Si au lieu de traiter des 82% des malades qui choisissent l’hospitalisation libre, on préfère se concentrer sur la minorité qui est hospitalisée sous contrainte ?

 

 

Selon vous, il est préférable d’enfermer un malade – même s’il n’est pas dangereux – plutôt que de courir un risque à l’extérieur. Or vu le manque de moyens, on ne peut pas enfermer tout le monde à l’hôpital psychiatrique donc on va enfermer les gens chez eux.

 

 

Vous allez tenter d’imposer un contrôle social généralisé de la normalité des comportements, sans même vous poser la question de l’applicabilité d’un tel objectif.

 

 

Ce que propose ce projet de loi, c’est la rupture du lien entre le soignant, le soigné et son entourage, en mettant en place une défiance généralisée, sans s’appuyer sur la compétence des équipes soignantes.

 

 

Un véritable dialogue doit aboutir à des décisions de soin prises ensemble, et pas contre la volonté du patient.

 

 

Vous vous en remettez au pouvoir de la chimie, des injections, au détriment de la thérapie par la parole.

 

 

Ce texte va produire l’inverse de l’effet escompté.

 

  • Alors qu’aurions nous souhaité, nous qui attendons depuis presque quinze ans la modernisation de la loi de 1990 ?

 

Premièrement un bilan de cette loi, qui permettrait un recul critique, un progrès. Nous souhaitons également que les 22 mesures d’urgence réclamées par Etats Généraux de la psychiatrie de 2003 soient prises en compte.

 

Les écologistes, avec d’autres, souhaitent ouvrir les hôpitaux à la cité, en mettant en place des structures ouvertes, plus diverses et qui communiquent avec l’extérieur, en améliorant l’offre d’hôpitaux de jour, de structures alternatives comme les appartements thérapeutiques, en autorisant davantage de sorties d’essai.

 

 

Il faut aussi rendre l’hôpital plus attractif pour les jeunes diplômés, et améliorer la formation, car le besoin de personnel soignant est cruel.

 

 

Enfin, il faut impérativement favoriser l’hospitalisation libre.

 

 

La contrainte ne doit pas être systématisée. En 2009, le Gouvernement a alloué 70 millions d’euros aux hôpitaux psychiatriques. Ils ont servi à mettre plus de barreaux aux fenêtres, de caméras de surveillance…

 

 

Pire, interdiction a été donnée aux directeurs d’hôpitaux d’utiliser ces moyens pour d’autres objectifs. Alors que depuis 10 ans, 50 000 lits ont été supprimés.

 

 

Vous l’aurez compris, nous ne sommes pas de ceux qui veulent faire des économies de moyens et n’apporter que le médicament et la contention comme réponses aux patients.

 

 

A l’heure actuelle, les hôpitaux fonctionnent à flux tendus. Alors que certaines personnes voudraient être hospitalisées librement, faute de place, elles passent par des hospitalisations à la demande de tiers. Le directeur d’établissement est alors contraint de faire sortir un patient qui peut encore avoir besoin de soins pour en laisser rentrer un autre.

 

C’est insupportable.

 

 

 

Alors avec le Contrôleur général des lieux de privation de liberté, « Nous disons que tout cela est insupportable ». Car la logique de l’enfermement tire tout le monde vers le bas.

 

Les Sénatrices et sénateurs Europe Ecologie Les Verts sont indignés par ce texte.

 

 

 

A vous embourber dans le tout sécuritaire, à persévérer dans le fantasme du risque zéro, vous ne réglerez rien, aller attiser la peur du malade, et rendre encore plus difficile le travail des équipes médicales et des magistrats.

 

 

Je vous rappelle que la liberté aussi est thérapeutique

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Nucléaire: la France doit se préparer à des accidents inimaginables


PARIS - La France doit accepter de se préparer à des accidents nucléaires complètement inimaginables, qui représentent le plus grand danger pour ses installations, comme le prouve la catastrophe de Fukushima, a estimé jeudi le directeur général de l'IRSN, Jacques Repussard.

Il faut accepter de se préparer à des situations complètement inimaginables parce que ce qui nous menace le plus, ce n'est pas un accident +standard+, a déclaré le responsable de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) lors d'une audition parlementaire.

En France, avec EDF, nous avons un des opérateurs nucléaires parmi les plus compétents au monde, il est donc d'autant moins vraisemblable que nous soyons confrontés à un accident +standard+, a estimé M. Repussard.

Si un accident se produit, le moins invraisemblable est que ce soit un accident absolument extraordinaire, lié par exemple à des effets dominos avec d'autres installations voisines, des aléas naturels ou des actes de malveillance. Il faut se préparer à ce type de scénarios, a averti le responsable de l'IRSN.

A la lueur de l'accident survenu dans la centrale nucléaire japonaise de Fukushima, le gouvernement français a décidé de lancer un audit sur la sûreté de ses installations nucléaires prenant en compte des cas de figure extrêmes jusqu'alors écartés par les opérateurs ou les experts chargés de la sûreté.

Pour les Japonais, ce n'était pas réaliste ce tsunami de 15 mètres de haut alors que la digue protégeant la centrale de Fukushima n'avait été rehaussée que de 5,7 mètres, a relevé Jacques Repussard.

Il faut faire des scénarios réalistes dans un contexte qui n'est pas réaliste pour notre imagination, c'est ce qui s'est produit au Japon, conclut-il.

Le directeur de l'IRSN s'exprimait dans le cadre d'une audition de la mission parlementaire sur la sûreté des installations nucléaires, créée après la catastrophe de Fukushima et confiée à l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et techniques (OPECST).

Personne ne peut garantir qu'il n'y aura jamais d'accident nucléaire en France, a répété le président de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), André-Claude Lacoste, auditionné lui aussi.

Il revient aux exploitants, aux autorités de contrôle, au gouvernement, de faire ce qu'il faut pour réduire cette probabilité. A nous tous de faire ce qu'il faut pour en réduire les conséquences, mais à l'évidence il faut que nous soyons capables de les gérer, a-t-il insisté.

L'audition ouvrait un séminaire international consacré à la gestion post-accidentelle des crises nucléaires, organisé par l'ASN jusqu'à vendredi dans les locaux de l'Assemblée nationale.

 

La planète se rebiffe ! Michael T. Klare

article original : "The planet strikes back"


Introduction de Tom Engelhardt

Le lundi 11 avril, Yukio Edano, le secrétaire général du gouvernement japonais, défendait la réponse donnée par son gouvernement au désastre nucléaire de Fukushima, insistant sur le fait que cette centrale était « toute proportion gardée, dans une situation stable ».

En quelque sorte, cela correspond à la description officielle des 11.500 tonnes d’eau déversée intentionnellement dans l’océan au large de Fukushima comme étant « faiblement radioactive » ou « légèrement radioactive ».

Elle n’est que « légèrement » radioactive en comparaison à l’eau encore plus radioactive qui est stockée à sa place dans la centrale.

Voici la traduction en termes éloquents : ils peuvent toujours nous faire prendre des vessies pour des lanternes – et le gouvernement japonais n’a pas été beaucoup plus enclin que TEPCO (la ‘Tokyo Electric Power Company’), qui gère ce complexe nucléaire, à faire preuve de transparence lorsqu’il s’agit de Fukushima.

Mardi 12, le gouvernement [japonais] a finalement relevé le niveau d’alerte sur l’échelle des accidents nucléaires, de 5 à 7 – « un accident majeur » - la catégorie la plus élevée possible, utilisée une seule fois auparavant pour le désastre de Tchernobyl en 1986 (qui a eu pour conséquence de rendre inhabitable environ 39 kilomètres carrés en Ukraine).

Bien que les officiels du gouvernement se soient précipités pour minimiser la comparaison avec Tchernobyl, un officiel de TEPCO a offert un commentaire de circonstance : « notre inquiétude est que la quantité de fuites [radioactives] finisse par atteindre celle de Tchernobyl, voire la dépasser ».

En fait, sur notre planète sonnée par les coups répétés, nous n’avons rien vu autre que ce qui est en cours à Fukushima – pas un, mais quatre réacteurs adjacents, dont trois d’entre eux semblent avoir subi des fusions partielles, et plusieurs piscines de rétention pour le combustible « usé » (ce qui, en terme de radioactivité, n’est pas usé du tout) dans divers états de détresse.

En attendant, le discours sur les semaines qui seront nécessaires pour reprendre le contrôle de la situation s’est estompé pour laisser la place à une suggestion selon laquelle il faudrait des mois périlleux, voire des années ou des décennies – et même un siècle – pour tout nettoyer et réparer.

On spécule sur le fait qu’une partie d’au moins un réacteur a déjà « fui de son conteneur métallique pressurisé vers le fond de sa structure de confinement » - et toutes les actions pour reprendre plus ou moins le contrôle de l’installation ne semblent que créer, ou menacer de créer, d’autres problèmes imprévus (comme cette eau « légèrement radioactive »).

Pendant ce temps, au milieu des puissantes répliques, depuis le séisme du 11 mars (avec possiblement d’autres secousses à venir pendant des années), le gouvernement japonais a élargi lentement la « zone d’évacuation » de 20 kilomètres autour de la centrale (récemment décrite par un visiteur comme une étrange « zone de mort… faisant penser à un épisode de Twilight Zone de Rod Sterling mélangé avec Le Jour d’Après – une vision apocalyptique de la vie à l’ère nucléaire »).

La semaine dernière, le gouvernement japonais a commencé à conseiller aux femmes enceintes et aux enfants de rester en dehors de certaines zone au-delà de 30 kilomètres de la centrale.

Ce n’est pas surprenant si l’on considère que dans un petit nombre de sols testés au-delà de cette zone de 30 kilomètres – dont un cas à 40 kilomètres de Fukushima – le césium-137 (dont l’isotope a une demi-vie de 30 ans) a été trouvé à des niveaux excédant ceux qui, à Tchernobyl, ont obligé les habitants à partir.

Une grande partie des centaines de milliers de Japonais qui vivaient autrefois dans ces zones (et si les choses empirent, au-delà de ces zones) pourraient ne jamais retourner chez eux.

Quoi qu’il arrive à Fukushima, pourrait-il y avoir une mise en garde plus saisissante que nous, les humains, avons été trop loin et que notre planète a une façon bien à elle de nous punir pour une telle démesure ?

Et il faut garder à l’esprit que les Japonais ne sont pas vraiment seuls dans ce cas.

Après tout, aux Etats-Unis du moins, au moins cinq réacteurs sont situés sur des « zones sismiques sujettes aux tremblements de terre », selon un rapport récent qui ne parle même pas du réacteur nucléaire Indian Point, construit sur une faille sismique à seulement 50 kilomètres du centre de New York, la ville où je réside.

Peut-être, ainsi que Michael Klare le suggère dans l’article qui suit, est-il temps de reconsidérer notre façon de traiter notre planète Terre – avant qu’il ne soit trop tard.

Tom Engelhardt, cofondateur de l’American Empire Project, dirige TomDispatch.com. Il est l’auteur de nombreux essais.

                                                           ………….

ARTICLE PROPREMENT DIT

 

 Dans son ouvrage paru en 2010, Eaarth: Making a Life on a Tough New Planet, le spécialiste et militant de l’environnement, Bill McKibben, parle d’une planète si dévastée par le réchauffement global que l’on ne peut plus la reconnaître comme la Terre que nous habitions autrefois.

C’est une planète, prédit-il, « balayée par les vents, mitraillée par les tempêtes et grillée par la chaleur, avec des pôles qui fondent, des forêts qui se meurent et des mers tourmentées et corrosives ».

Altérée comme elle l’est par le monde dans lequel la civilisation humaine est née et s’est développée, elle a besoin d’un nouveau nom – il lui a ajouté un « a » pour faire « Eaarth » [Earth = Terre / « Eaarth » = « Teerre »].

La « Teerre » que décrit McKibben est une victime, une accidentée de la consommation i réfrénée de ses ressources par l’espèce humaine et ses émissions insouciantes de gaz à effet de serre qui altèrent le climat.

Vrai, cette « Teerre » provoquera beaucoup de souffrance aux humains, alors que le niveau des océans montera et que les surfaces cultivables se rétréciront, mais, ainsi qu’il en fait la description, elle est essentiellement une victime de la rapacité de l’homme.

Avec tout le respect que je dois à la vision de McKibben, permettez-moi de vous offrir une autre perspective sur cette (notre) « Teerre » : plutôt qu’une simple victime, elle une actrice puissante qui exerce son propre droit et qui se venge.

Il ne suffit pas de penser à la « Teerre » comme d’un dommage collatéral impuissant des prédations de l’humanité. Elle est également un système organique complexe doté de nombreuses défenses puissantes contre toute intervention étrangère – des défenses qu’elle exerce en produisant des effets dévastateurs pour les sociétés humaines. Et, gardez ceci à l’esprit : nous ne sommes qu’au début du processus !

Toutefois, afin de bien saisir la situation actuelle, il est nécessaire de faire la distinction entre les bouleversements planétaires qui se produisent naturellement et les réponses de la planète à l’intervention humaine. Ces deux aspects nécessitent de voir les choses avec un œil neuf.

Commençons donc avec ce que la Terre a toujours été capable de faire, avant de nous tourner vers les réponses de la « Teerre » vengeresse.

Nous nous surestimons

Notre planète est un système naturel complexe et, à l’instar de tout système de ce type, elle est en constante évolution.

C’est ainsi – tandis que les continents dérivent, que les chaînes de montagnes s’élèvent ou s’érodent, que les modèles climatiques changent – des tremblements de terre, des éruptions volcaniques, des tsunamis, des typhons, des sécheresses prolongées et autres perturbations se produisent, même si c’est sur une base irrégulière et imprévisible.

Nos prédécesseurs sur la planète étaient profondément conscients de cette réalité.

Après tout, les civilisations antiques étaient régulièrement ébranlées et, dans certains cas, anéanties par de tels bouleversements. Par exemple, l’on pense généralement que la civilisation antique Minoenne de la Méditerranée orientale a été anéantie à la suite de la puissante éruption volcanique sur l’île de Théra (appelée également Santorin) au milieu du deuxième millénaire avant notre ère.

Les preuves archéologiques laissent penser que beaucoup d’autres civilisations antiques ont été affaiblies ou détruites par une intense activité sismique.

Dans Apocalypse: Earthquakes, Archaeology, and the Wrath of God [Apocalyse : Séismes, Archéologie et la Colère de Dieu], le géophysicien de Stanford, Amos Nur, et son co-auteur Dawn Burgess argumentent que Troy, Mycènes, la Jéricho antique, Tenochtitlan et l’empire Hittite ont pu tomber de cette manière.

Confrontées à des menaces récurrentes de tremblements de terre et d’éruptions volcaniques, beaucoup de religions antiques ont personnifié les forces de la nature en dieux et déesses et conviaient à des rituels humains élaborés et des offrandes sacrificielles pour apaiser ces puissantes divinités.

On pensait que le dieu de la mer de la Grèce antique, Poséidon (Neptune pour les Romains), appelé également le « secoueur de la terre », déclenchait les tremblements de terre lorsqu’on le provoquait ou qu’il était en colère.

A une époque plus récente, les penseurs ont eu tendance à se moquer de ces notions primitives et des gestes qui les accompagnaient, suggérant à la place que la science et la technologie – les fruits de la civilisation – offrent plus d’aide que nécessaire pour nous permettre de triompher des forces destructrices de la Terre.

Ce changement dans la conscience a été documenté de façon impressionnante dans le volume de 2007 de Clive Ponting, A New Green History of the World.

Citant des penseurs influents de l’époque post-médiévale, Clive Ponting montre comment les Européens acquirent une puissante conviction que l’humanité devait et pouvait diriger la nature, pas l’inverse. Le mathématicien français du 17ème siècle René Descartes, par exemple, écrivit sur l’utilisation de la science et du savoir humain afin que nous puissions… « nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature » [Discours de la Méthode].

Il est possible que ce sens croissant du contrôle humain sur la nature ait été favorisé au cours de quelques siècles, où le nombre de bouleversements naturels menaçant la civilisation ait été moindre.

Au cours de ces siècles, l’Europe moderne et l’Amérique du Nord, les deux centres de la révolution industrielle, n’ont connu rien de comparable à l’éruption de Théra à l’époque minoenne – ou, d’ailleurs, rien de semblable à cette double poisse : le séisme d’amplitude 9 et le tsunami de 15 mètres de haut qui ont frappé le Japon le 11 mars dernier.

Cette relative immunité par rapport à de tels périls était le contexte dans lequel nous avons créé une civilisation hautement complexe et technologiquement sophistiquée, qui considère comme normale la suprématie de l’homme sur la nature sur une planète qui semble passive.

Mais cette supposition est-elle exacte ?

Les évènements récents, qui vont des inondations qui ont recouvert 20% du Pakistan et de larges pans de l’Australie aux feux causés par la sécheresse qui ont brûlé de vastes régions de la Russie, suggèrent autrement.

Ces dernières années, la planète a été frappée par une série de perturbations naturelles majeures, incluant le récent désastre au Japon (séisme, tsunami et nombreuses répliques d’envergure), le tremblement de terre en Haïti en janvier 2010, le séisme chilien de février 2010, le séisme de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, en février 2011, celui de Myanmar en mars 2011 et le séisme suivi d’un tsunami dévastateur dans l’Océan Indien en 2004 qui à fait plus de 230.000 victimes dans 14 pays, ainsi qu’une série de tremblements de terre, de tsunamis et d’éruptions volcaniques en Indonésie et dans ses environs.


Au moins, ces évènements nous rappellent que la Terre est un système naturel en évolution constante ; que ces dernières centaines d’années ne sont pas nécessairement annonciatrices des prochains siècles ; et qu’il est possible, en particulier au cours du siècle écoulé, que nous nous soyons laissé aller à un sentiment de confiance excessive immérité à propos de notre planète.

Qui plus est, ces événements suggèrent que nous puissions – et j’insiste sur « nous puissions » - retourner à une époque dans laquelle la fréquence de l’incidence de tels évènements est en augmentation.

Dans ce contexte, la folie et la démesure avec lesquelles nous avons traité les forces naturelles retiennent fortement l’attention. Voyez ce qui se passe au complexe nucléaire de Fukushima Daiichi, dans le nord du Japon, où au moins quatre réacteurs nucléaires et leurs piscines de confinement adjacentes pour le combustible « usé » restent dangereusement incontrôlés.

Les concepteurs et les propriétaires de cette centrale n’ont évidemment pas provoqué le tremblement de terre et le tsunami qui ont créé le péril actuel.

Ce fut le résultat de l’évolution naturelle de la planète – dans ce cas précis, le mouvement soudain des plaques continentales. Mais ils portent la responsabilité de ne pas avoir anticipé le potentiel d’une catastrophe – en construisant ces réacteurs sur le site de fréquents tsunamis par le passé et en supposant que la plate-forme de béton de fabrication humaine pouvait résister au pire de ce que la nature a à offrir.

Beaucoup à été dit sur les défauts de conception dans la centrale de Fukushima et ses systèmes de surveillance inadéquats. Il ne fait aucun doute que tout ceci est vital, mais la cause ultime de ce désastre n’a jamais été un simple défaut de conception. C’était la prétention démesurée : la surestimation du pouvoir de l’ingénuité humaine et une sous-estimation de la puissance de la nature.

Quels sont les futurs désastres qui nous attendent en conséquence d’une telle démesure ? A ce stade, personne ne peut le dire avec certitude, mais l’installation de Fukushima n’est pas le seul réacteur construit près de zones sismiques ou à risque vis-à-vis d’autres perturbations naturelles. Et ne vous arrêtez pas aux centrales nucléaires !

Prenez en compte, par exemple, toutes ces plates-formes pétrolières dans le Golfe du Mexique qui sont soumises au risque d’ouragans de plus en plus violents ou, si les cyclones augment en fréquence et en intensité, celles en eaux profondes que le Brésil prévoit de construire à 290 km de ses côtes, dans l’Océan Atlantique.

Et avec les récents événements au Japon à l’esprit, qui sait quels dommages pourraient être infligés par un séisme majeur en Californie ?

Après tout, la Californie a aussi des centrales nucléaires situées de façon menaçante près de failles sismiques.

Sous-estimer la « Teerre »

Une telle démesure n’est cependant que l’une des façons avec lesquelles nous invitons la colère de la planète.

Beaucoup plus dangereux et provocant est notre empoisonnement de l’atmosphère avec les résidus de notre consommation de ressources naturelles, en particulier les carburants fossiles. Selon le ministère de l’énergie américain, les émissions totales de carbone dues à toutes les formes d’énergie avaient déjà atteint les 21,2 milliards de tonnes dès 1990 et l’on prévoit qu’elles croissent dangereusement pour atteindre 42,4 milliards de tonnes d’ici à 2035, une augmentation de 100% en moins d’un demi-siècle.

Plus nous déversons de dioxyde de carbone et autres gaz à effet de serre dans l’atmosphère, plus nous altérons les systèmes climatiques naturels de la planète et détériorons les autres atouts écologiques vitaux, y compris les océans, les forêts et les glaciers.

 

Tous sont les composants du caractère intégral de la planète et, détériorés ainsi, ils déclencheront des mécanismes défensif en réaction : montée des températures, modification des modèles pluvieux et hausse du niveau de la mer, parmi d’autres réactions.

La notion de la Terre en tant que système naturel complexe avec des réactions multiples a été proposée pour la première fois par le scientifique de l’environnement James Lovelock, dans les années 60, notion qu’il a avancée dans son livre, Gaia: A New Look at Life on Earth (1979). (Lovelock s’est approprié le nom de la déesse antique Gaïa, la personnification de la Terre Nourricière, pour sa version de notre planète.)

Dans cet ouvrage et les autres qui ont suivi, Lovelock et ses collaborateurs soutiennent que tous les organismes biologiques et leurs milieux inorganiques sur la planète sont étroitement intégrés pour former un système complexe et auto-régulé, maintenant les conditions nécessaires à la vie – un concept qu’ils ont appelé « l’Hypothèse Gaïa ».

Lorsque n’importe quelle partie de ce système est endommagé ou altéré, soutiennent-ils, les autres parties répondent en essayant de réparer ou de compenser les dommages afin de restaurer l’équilibre essentiel.

Pensons à nos propres corps, lorsqu’ils sont attaqués par des microorganismes virulents: notre température monte; nous produisons plus de globules blancs et autres fluides, nous dormons plus et déployons divers systèmes de défense.

Lorsqu’elles y parviennent, nos défenses immunitaires neutralisent d’abord les bactéries invasives. Ce n’est pas un processus conscient, mais un processus naturel d’importance vitale.

La « Teerre » répond désormais aux déprédations de l’humanité de façon similaire : en élevant la température de l’atmosphère, en prenant le carbone contenu dans l’air pour le déposer dans les océans, en accroissant la pluviosité dans certains endroits et en la réduisant dans d’autres, et, à certains égards, en compensant l’injection massive des émissions humaines nocives dans l’atmosphère.


Mais ce que la « Teerre » accomplit pour se protéger de l’intervention humaine a peu de chances de s’avérer bénéfique pour les sociétés humaines.

Au fur et à mesure que la planète se réchauffe et que les glaciers fondent, le niveau des océans montera, inondant les régions côtières, détruisant des villes et noyant les terres cultivables qui se trouvent à basse altitude.

La sécheresse deviendra endémique dans beaucoup de zones agricoles autrefois productives, réduisant les réserves alimentaires pour des centaines de millions de personnes.

De nombreuses espèces végétales et animales qui sont essentielles aux moyens de subsistance de l’être humain, des cultures vivrières et des poissons, s’avèreront incapables de s’ajuster à ces changements climatiques et cesseront donc d’exister.

Les humains pourraient – et, une fois encore, j’insiste sur « pourraient » - se révéler être mieux capables de s’adapter à cette crise du réchauffement planétaire que de telles espèces, mais, dans le processus, des multitudes mourront probablement de faim, de maladies et de la guerre.

McKibben a raison : nous ne vivons plus sur une planète « douillette à notre service » connue autrefois sous le nom de Terre.

Nous habitons un nouvel espace, qui a déjà spectaculairement changé par l’intervention de l’homme. Mais nous n’agissons pas sur une entité passive et impuissante, incapable de se défendre contre la transgression humaine. C’est triste à dire, mais nous apprendrons à notre grande consternation les pouvoirs immenses dont est capable la « Teerre », la vengeresse.

Michael T. Klare est professeur, spécialiste des études sur la paix et la sécurité mondiale, au Hampshire College. Il écrit régulièrement dans TomDispatch. Son dernier livre : ising Powers, Shrinking Planet.

(Copyright 2011 Michael T Klare - traduction [JFG-QuestionsCritiques].)


La Revanche de Gaïa, de James Lovelock,

par Richard Mabey, The Sunday Times, 29 janvier 2006

Réchauffement planétaire : Le cercle vicieux,

par Steve Connor, The Independent, 29 janvier 2007

La crise nucléaire japonaise se mondialise,

par Victor Kotsev, AsiaTimesOnline, 16 avril 2011

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Article paru dans eco-sapiens le 1er avril 2011
 
Première apparition du label controversé Agriculture Chimique

Première apparition du label controversé Agriculture Chimique

Le projet faisait partie du Grenelle et semblait enterré. Finalement, l'idée d'un pictogramme Agriculture Chimique devra apparaître sur les fruits et légumes dès le 1er janvier 2012. Une manière judicieuse de soutenir l'agriculture biologique.

 

Devant le risque d'échec des objectifs du Grenelle en matière de surface consacrée à l'agriculture biologique, le gouvernement vient de prendre une décision inédite qui pèsera sans doute de façon durable sur l'avenir de l'agriculture.

 

L'annonce est en effet la création d'un label AC (Agriculture Chimique) qui devra être apposé sur tout produit ayant reçu des intrants chimiques. Cette décision vise à faire sortir l'agriculture biologique de son statut d'exception pour la considérer pour ce qu'elle est, l'agriculture « normale ».

 

Ainsi, l'agriculture chimique développée à la sortie de la deuxième guerre mondiale, retourne au statut d'exception qu'elle n'aurait jamais dû quitter.

nourri sans OGM

A l'image du label "nourri sans OGM" que l'on trouve déjà en grande surface et qui connaît un grand succès, le visuel "Agriculture Chimique" va donc faciliter le choix du consommateur. Il saura en connaissance de cause que les fruits et légumes qu'il achète sont issus de l'agriculture chimique et qu'il contribue ainsi à cette technique agricole.

 

Cette décision vise aussi indirectement à favoriser le développement de surfaces agricoles biologiques et à mettre fin à une situation particulièrement injuste qui veut que ce soit aux agriculteurs bio de payer pour prouver leurs bonnes pratiques. Les coûts liés à la délivrance du label AB seront donc désormais pris en charge par une taxe prélevée sur les ventes de pesticides.

 

Cette décision vise enfin à protéger les agriculteurs, premières victimes des pesticides en leur donnant les moyens de pratiquer une agriculture respectueuse de leur santé autant que de celle de la terre. L'association des " victimes des pesticides " nouvellement créée s'est bien entendu félicitée de cette orientation.

 

D'un point de vue pratique, l'ensemble des producteurs et transformateurs commercialisant des denrées alimentaires cultivées à l’aide d’intrants chimiques (pesticides, herbicides, fongicides... parfois appelés produits phytosanitaires) ont jusqu'au 1er janvier 2012 pour se mettre en conformité avec la législation. Pour ce faire, ils devront apposer sur les produits, le label AC.

 

Par l'intermédiaire de l'Union des Industries pour la Protection des Plantes (UIPP qui rassemble les fabricants d'engrais et pesticides), l'industrie chimique a immédiatement réagi à cette décision qui met à terme en péril leur activité. Un recours au niveau européen est envisagé, soulignant au passage les conséquences en termes d'emploi d'une telle décision.

Jean-Claude Bocque, directeur de l'UIPP déclare :
" Qu'il faille indiquer plus clairement au consommateur la provenance de ses aliments, cela est indispensable. Nous sommes pour l'information transparente vis-à-vis du consommateur. Ce que nous contestons, c'est la précipitation avec laquelle cette décision sort du chapeau ! D'autant qu'en contrepartie, le gouvernement favorise une agriculture biologique pour le moment incapable de nourrir la population."

Le porte-parole du gouvernement François Baroin a fait savoir dans un communiqué que cette mesure serait accompagnée d'un vaste plan de réorientation des emplois au sein de la filière. Et ce conformément à la mise à jour datée du 14 juillet 2010 de la loi n°2006-11 du 5 janvier 2006 d'orientation agricole.

 

Les représentants de l'agriculture biologique ainsi que les ONG environnementales se sont félicités de cette décision qualifiée d'historique dans un pays qui est le premier consommateur de pesticides en Europe. Ils ont rappelé le rapport présenté le 8 mars par le rapporteur spécial de l'ONU sur le droit à l'alimentation qui prône ''la transition mondiale'' vers l'agro-écologie ''pour nourrir 9 milliards d'êtres humains en 2050''. Cette décision aux implications, environnementales, sanitaires mais aussi sociales s'inscrit donc dans une vision à long terme et annonce le retour du politique au sens noble du terme.

 
label ab label ac
eco-SAPIENS 01/04/11
 
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Les élu-e-s Europe Écologie-Les Verts ne peuvent que partager l’analyse du Comité scientifique qui fait le lien entre le volume de production animale et la pollution

Algues vertes : le Comité scientifique donne raison aux écologistes

Un communiqué de Guy Hascoet, président du groupe Europe Écologie-Les Verts au Conseil régional de Bretagne René Louail, paysan, conseiller régional Europe Écologie-Les Verts

lundi 7 mars 2011

Le Comité Scientifique constitué à l’initiative de la préfecture de Région, et donc de l’Etat, pour expertiser les questions techniques liées à la déclinaison du plan algues vertes en Bretagne a rendu son avis sur les projets des baies de Plestin et Saint Brieuc.

 

Cet avis, important par son contenu, doit être diffusé largement afin que l’ensemble des acteurs des territoires concernés puissent s’en saisir et en débattre.

  

Les élu-e-s Europe Écologie-Les Verts ne peuvent que partager l’analyse du Comité scientifique qui fait le lien entre le volume de production animale et les pollutions aux algues vertes. Pour les écologistes, les solutions pour l’éradication du phénomène des algues vertes sont bien dans la désintensification et la transformation du modèle agricole actuel, comme le souligne le Comité.

  

Nous avions de même, lors de la session budgétaire du Conseil régional de Bretagne, souligné l’inefficacité des projets de méthanisation dans le cadre de la lutte contre les marées vertes. Là aussi le Comité scientifique donne raison aux écologistes.

  

La lutte contre les algues vertes en Bretagne constitue une opportunité forte pour développer l’agriculture de demain, pour impulser une agriculture de qualité, respectueuse des paysans, de notre environnement et fortement créatrice d’emplois.

  

La région Bretagne doit se saisir de cette opportunité pour envoyer un signal fort en ce sens.

 

La Nouvelle Alliance doit être l’occasion d’œuvrer pour un modèle agricole qui privilégie les hommes et les femmes sur les volumes de production et qui fasse de l’agriculture et des agriculteurs le levier principal de la protection de l’environnement et du développement rural

.

 

Au lieu de cela, le président Le Drian, en attaquant France Nature Environnement, a décidé de continuer à se voiler la face et à donner des gages au lobby de l’agro-alimentaire, partisan d’un modèle agricole désastreux pour notre environnement, destructeur pour les paysans.

 

Guy Hascoet, président du groupe Europe Écologie-Les Verts au Conseil régional de Bretagne René Louail, paysan, conseiller régional Europe Écologie-Les Verts

 

 

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Avis du Conseil Scientifique

 

Le « coup de poing médiatique » de France Nature Environnement

Le « coup de poing médiatique » de France Nature Environnement
La nouvelle campagne choc de France Nature Environnement provoque la colère conjointe des agriculteurs, de la région Bretagne et de… la RATP, dont la régie publicitaire a suspendu la diffusion de deux affiches aujourd'hui.
 

La fédération, qui regroupe quelque 3 000 associations écologistes, a investi dans une campagne d’affichage de six visuels particulièrement explicites à diffuser dans trois stations de métro parisiennes (Odéon, Montparnasse et Saint-Lazare). Une initiative qui a suscité bien des réactions…

« Gros menteur », « Kill bees », « Fin du buzzzzz », « Arrêtez vos salades » sont quelques-uns des slogans qui devaient être visibles dans le métro parisien à partir d’aujourd’hui et jusqu’à lundi prochain.

 

« Devaient » car la RATP a choisi, malgré l’autorisation qu’a accordée la Justice hier – elle avait été saisie par deux organisations agricoles qui s’estimaient lésées -, de ne pas diffuser la campagne, histoire sans doute de ménager certaines susceptibilités dans le secteur primaire. A quelques jours de l’ouverture du Salon de l’Agriculture (NDLR ; qui se tiendra du 19 au 27 février prochain Porte de Versailles (XVe arrondissement de Paris), l’opération ne sera sans doute pas le succès visuel escompté mais met tout de même le doigt là où ça fait mal.

 

Le_coup_de_poing_mediatique_de_France_Na

 

Un enfant qui joue au milieu des algues vertes, un homme qui joue à la roulette russe avec un épi de maïs sans savoir s’il s’agit ou non d’un organisme génétiquement modifié (OGM), une tête de mort réalisée à partir de petites abeilles : FNE a porté l’accent sur trois thèmes qui lui sont chers, les importations d’OGM, les pesticides et donc les algues vertes. Trois corollaires de l’agriculture intensive d’où l’hostilité des paysans et de leurs représentants.

 

Le_coup_de_poing_mediatique_de_France_Na

 

L’agressivité de cette campagne, inhabituelle pour  FNE, est néanmoins parfaitement assumée. Son président Bruno Genty a estimé au micro d’Europe 1 qu’il n’y a que deux voies possibles. « Soit on reste silencieux et rien ne se passe, soit on met les pieds dans le plat pour essayer de faire bouger les lignes », a-t-il expliqué. Benoît Hartmann, un porte-parole du groupement, a pour sa part rappelé que les messages véhiculés par ces affiches n’ont dans le fond rien de révolutionnaire. Cette initiative n’est « pas seulement un coup de poing médiatique, elle est aussi l’occasion de proposer des solutions et d’ouvrir un dialogue », a corroboré l’association.

 

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Le secteur agricole et la Bretagne protestent

 

La réplique n’a pas tardée, sèche comme un couperet. « Il y a d’autres façons d’ouvrir le dialogue que de taper toujours sur la tête des mêmes », a ainsi rétorqué Inaporc, l’interprofession nationale porcine, qui avait demandé l’interdiction des deux affiches sur les algues vertes. Un avis partagé par le tout nouveau président de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) Xavier Beulin, qui ne voit dans l’opération de FNE qu’ « une campagne choc, caricaturale et clairement orientée contre l’agriculture » et a rappelé qu’il a lui-même « choisi de dialoguer avec les ONG environnementales ».

 

Le_coup_de_poing_mediatique_de_France_Na

 

Plus surprenant, le président socialiste du Conseil régional de Bretagne Jean-Yves Le Drian a lui aussi dénoncé une initiative « malveillante ». Particulièrement touchée par les marées vertes et chantre de l’agriculture intensive, sa région pourrait à ses yeux voir sa réputation ternie et « cette campagne a généralisé la présence d’algues en Bretagne, alors que cela ne concerne qu’une partie infime de son littoral ».

 

« Je ne peux laisser salir de cette manière l’image de notre région. Je vais donc prendre toutes les initiatives nécessaires pour défendre les intérêts de la Bretagne », a-t-il ajouté. Le directeur du comité régional breton du tourisme Michael Dodds n’a pas dit autre chose : « ce n’est pas cela la Bretagne. Tout est fait ici pour que ce que l’on voit sur les affiches ne se produise pas ».

 

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« Il ne s’agit évidemment pas de s’attaquer au monde paysan, mais de dénoncer des pratiques néfastes pour notre environnement », s’est défendue la fédération. « Notre rôle est d’alerter l’opinion », soutient FNE, qui veut en finir avec « les images bucoliques et les discours gentillets » et en a apporté la preuve. Le débat et l’affrontement, qui auront rarement été aussi tendus, ne sont quant à eux pas prêts de s’arrêter.

 
Crédit photo : FNE
pierre viénot Afficher l'image en taille réellePierre Viénot, élu EELV de Fontenay-sous-Bois nous fait part de son analyse du Grand Paris sur le plan local.

"Vous le savez, je ne partage pas les positions trop tranchées des Verts sur ce sujet, et je trouve regrettable que ce dossier majeur se termine en nous voyant exclu de la table... Cela dénote chez nous une méconnaissance de l'histoire de la région Île de France, qui s'est construite sur un abandon quasi complet depuis 50 ans d'une vision politique pour l'avenir de ce qui n'était pas Paris intra-muros.

 Ce "déni d'existence", qui est le produit d'un très ancien et toujours vivace dédain des élites parisiennes à l'égard de tout ce qui ne leur ressemble pas, se traduit par la situation actuelle d'une banlieue chaotique, mal équipée et notamment en moyens de transport, et où de nombreux lieux sont tout simplement invivables...

Le projet du Grand Paris est dans cette situation une véritable bouffée d'oxygène .

Il n'est nullement contradictoire avec l'équipement de la petite couronne, projet aujourd'hui " Arc Express" mais qui reprend le projet " Orbitale " proposé à la fin des années 80 par la RATP et écarté par les pouvoirs publics à l'époque au profit de Météor et Éole, deux projets essentiellement parisiens et qui ont pompé pour quinze ans toutes les capacités de financement d'investissement en transports en région parisienne...(où l'on retrouve l'indifférence de nos élites pour le sort médiocre du petit peuple !).
 
J'ai vécu cela de l'intérieur et fort mal comme vous pouvez l'imaginer pour un " banlieusard ".( la première couronne compte juste 6 millions d'habitants contre 2 millions à Paris).

Le Grand Paris de Blanc était dans l'esprit de tous ceux qui ont traversé cela comme moi.
 
Je crains que le fonctionnement des Verts ne reprenne trop les travers de cette culture historique : centralisme parisien, élitisme honteux mais d'autant plus actif, notabilisation de quelques -uns qui se gardent bien d'écouter des points de vue informés* - le fonctionnement du STIF et de la Région en matière de transports est de ce point de vue un vrai poème ....

* ( Pierre Miquel, grand historien de la première guerre mondiale, en étudiant les raisons de l'écrasement de l'armée française en Août 14, pointe la carence de nos brillants généraux d'État Major en disant ceci : " le défaut moyen d'un Général en 1914, ce n'est pas de ne pas savoir penser, c'est de vouloir absolument être le seul à le faire ".On s'y croirait !).

Bon, après ce coup de grogne, permettez moi de me réjouir de voir aboutir un projet qui donne de l'espoir pour notre région.

Afficher l'image en taille réelleLe Réseau "Sortir du nucléaire" porte plainte contre la campagne mondiale d’autopromotion d’Areva

Communiqué de presse du Réseau "Sortir du nucléaire" du 14 janvier 2011

 

Depuis le 15 janvier 2011, la nouvelle publicité d’Areva, « L’Épopée de l’énergie » est  sur tous les écrans, avec 1 500 spots sur 30 chaînes TV, rien qu’en France.    Vendredi 14 janvier, le Réseau "Sortir du nucléaire" a déposé une plainte devant le Jury de Déontologie Publicitaire.

 

Il s’agit de dénoncer les manipulations induites par cette propagande massive, destinée à faire passer le nucléaire pour une énergie d’avenir, propre et qui coexiste en harmonie avec les renouvelables.

 

Les coûts de cet outil de propagande de masse atteignent près de 20 millions d’euros, en partie payés par les contribuables français puisque l’État est actionnaire à 90 % d’Areva. Ainsi, Areva envahit l’espace médiatique, occultant les critiques de la société civile et se présentant abusivement comme expert en énergie durable. Que reste-t-il de l’indépendance de médias si généreusement arrosés ?

 

Aux termes d’un voyage dans le temps, d’un coup de baguette magique, exit les énergies fossiles, le CO2, la saleté et la pénibilité ! Pour extraire l’uranium, plus besoin de mineurs. Pas de travailleurs sous-traitants exposés à la radiation, ni de déchets radioactifs, et motus sur les rejets cancérigènes des centrales et de La Hague : c’est la vie rêvée made in Areva, lisse et aseptisée.

 

Dans ce monde merveilleux, nucléaire et renouvelables vivent un mariage heureux. Une hypocrisie gigantesque, alors que l’Etat, actionnaire principal d’Areva, s’acharne à tuer dans l’oeuf les énergies d’avenir : classement des éoliennes parmi les installations polluantes, moratoire sur le rachat de l’électricité solaire...

 

Avec ce coûteux trompe-l’oeil, Areva compte avant tout redorer un blason bien terni par de multiples scandales et déconfitures, et à s’inscrire dans une Histoire faute de vision d’avenir.

 

Déboires de l’EPR, problèmes au Niger, conflits avec les autres acteurs du nucléaire, guerres de succession... l’« expert en énergie » autoproclamé est en déroute, comme l’ensemble de la filière. Le parc nucléaire français vieillissant est confronté aux coûts faramineux de sa prolongation et du démantèlement ; de l’aveu même des travailleurs du nucléaire, la sûreté n’est plus assurée, et il n’existe toujours aucune solution pour la gestion des déchets...

 

Pour François Mativet, administrateur du Réseau "Sortir du nucléaire", "le choix d’un film d’animation le démontre bien : confrontée à ses déboires, Areva n’a plus que du virtuel pour nous persuader !"

 

En réaction à cette campagne d’autopromotion, le Réseau "Sortir du nucléaire" diffuse un spot parodique.

 

> Lire la plainte

 

Contacts presse :

François Mativet : 06 03 92 20 13
Maître Benoist Busson : 06 72 12 72 47

 

 

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« Europe Ecologie Grigny vous adresse tous ses meilleurs vœux pour cette nouvelle année 1432-2011. » Ce message, sur un fond vert surmonté des étoiles de l’Europe pour le moins originale, s’est affichée ces derniers jours dans les abribus et sur les murs de Grigny, rapporte Le Parisien. Car c’est bien la première fois qu’un parti souhaite une bonne année en se basant sur le calendrier musulman. Lenouvel an 1432 a en effet commencé le 7 décembre dernier, moins d’un mois avant 2011. 

A côté des vœux, figure la photo de Christian Le Bras, coordinateur du groupe Europe Ecologie-les Verts pour la commune de Grigny. Mais quelques jours après sa diffusion à plusieurs dizaines d’exemplaires, les affiches ont du être recouvertes car celles-ci ont provoqué la controverse au sein même d’Europe Ecologie-les Verts, qui estime que M. Le Bras n’avait pas à adresser un message « religieux. » 

« Que l’on soit bien clair, Christian Le Bras n’a pas été mandaté par le parti pour délivrer un quelconque message et encore moins de ce type », affirme Hervé Pérard, secrétaire départemental du parti. Le représentant de Grigny, Frédérick Petipermon, s'est dit « choqué » par l’affiche, qu’il a découverte « par hasard » dans la rue. « Ça ne me fait pas rire du tout. (…) Jamais le parti n’aurait diffusé une telle annonce car notre seule religion, c’est la religion républicaine », a-t-il déclaré. 

Europe Ecologie-les Verts a d’ailleurs décidé de déposer une main courante pour « utilisation frauduleuse d’un nom de parti. » De son côté, Christian Le Bras plaide la bonne foi. « Je suis très surpris par l’ampleur que prend cette affaire. Il ne s’agissait au départ que d’un clin d’œil à la population musulmane, très présente à Grigny. Comme je suis militant Europe Ecologie, je me suis dit que ce serait bien de le faire en son nom. » 

Il évoque les menaces et insultes qui circulent à son propos sur divers sites d’extrême droite ainsi que les mails de contestation qu’il a reçus. « On m’a même traité de collabo. Pour un fils de résistant comme moi, c’est très choquant », confie M. Le Bras.