10b Dépêches et controverses mai 2011_juillet ... puis ... facebook

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Lancée en 2001, l’ONG SkyTruth a décodé des centaines d’images satellitaires de toute une panoplie de désastres provoqués par les activités industrielles, agricoles ou immobilières : nappes de pétrole, déforestation, glissement de terrain et autres inondations. Loin de l’imagerie esthétisante de Yann Artus Bertrand ou de Nicolas Hulot, John Amos livre en Creative Commons des clichés expertisés à destination du public. Découvert sur FlickR dans nos recherches de photographies sur les gaz de schiste, ce géologue a accepté de répondre à quelques questions pour OWNI.

Comment vous est venue l’idée de SkyTruth ?

L’idée m’est venue au milieu des années 1990 : à l’époque, j’étais géologue consultant pour deux sociétés de conseil en imagerie satellitaire qui décryptaient des photos pour le compte de compagnies pétrolières, minières ou d’agences gouvernementales. Après quelques années à travailler pour BP, Shell, Exxon, Texaco et autres, j’avais vu des milliers d’images terribles qui racontaient des histoires de catastrophes environnementales qui, pour moi, relevaient de l’intérêt général : des déforestations massives si isolées que personne ne pourrait jamais les découvrir, des mines à ciel ouvert gigantesque, des nappes de pétrole immenses qui traversaient des océans entiers…

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La mine à ciel ouvert de Cerro de Pasco (Perou) au coeur d'une ville de 70000.

Or, les seules personnes qui avaient accès à ces clichés étaient ceux qui pouvaient les payer : de grandes agences gouvernementales ou de grandes entreprises. Qui plus est, elles nécessitaient une expertise importante pour révéler leur gravité. J’ai commencé à réfléchir à une manière de résoudre ce problème et pour rendre ces photos accessibles et compréhensibles à n’importe quelle personne intéressée par les problématiques environnementales et dotée de deux yeux.

Comment votre projet s’est-il concrétisé ?

L’avantage de travailler avec ces industries, c’est qu’il est facile de mettre de l’argent de côté. En 2001, j’ai encaissé mon solde de tout compte, monté SkyTruth et obtenu le statut « internal revenue service » [sorte de loi Coluche américaine, NdR] qui permet l’exemption d’impôt des dons faits aux ONG, aux écoles, aux églises, etc. Jusqu’en 2010, j’étais tout seul mais l’équipe s’est étoffée depuis d’un administrateur de bureau et de Paul, notre « gourou des réseaux sociaux » et chef ingénieur.

Comment vous procurez-vous les clichés satellitaires ?

Nous n’avons malheureusement pas les moyens de nous payer un satellite à 300 millions de dollars ! Il y a tout une panoplie de systèmes d’imagerie satellitaire qui correspondent à toute une gamme de prix et de qualité. Certains appareils sont gérés par les gouvernements et fournissent des images gratuitement mais pour une résolution très faible : pour le Golfe du Mexique, par exemple, nous prenons des images de la Nasa qui livre deux clichés par jour avec une résolution de 250 mètres de côté pour chaque pixel. A titre de comparaison, nous étudions l’impact de l’exploitation du gaz naturel des réservoirs compacts (tight gas) dans le Wyoming sur la faune animale, notamment sur le gibier qui représente un grand intérêt touristique de la région grâce au satellite français Spot : nous couvrons une zone de 60×60 km avec une résolution de 5 mètres de côté par pixel ! En revanche, chaque image nous est facturée 4700$.

L’avantage est que, avec l’imagerie payante, nous pouvons demander un certain angle, une résolution particulière… Pour le gratuit, nous faisons avec ce que nous trouvons : avec la Nasa, le système Modus nous donne accès à une base qui couvre la Terre entière mais pas forcément de la meilleure manière.

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Inondations suite à l'exploitation minière en Papouasie.

Avez-vous réfléchis à un moyen de prendre vos propres clichés ?

Un des projets de Paul, notre chef ingénieur, consiste à utiliser des ballons gonfler à l’hydrogène embarquant un appareil photo haute résolution. La technique a déjà été utilisée par un chercheur du MIT membre de GrassRootsMaping.org sur la fuite de pétrole de BP dans le Golfe du Mexique. Mais, pour l’instant, nous en sommes au stade expérimental.

En quoi consiste votre travail une fois les photos récupérées ?

C’est assez rapide en fait : je télécharge, je jette un oeil et je passe à la suivante si je ne trouve rien d’intéressant. Si jamais il y a un élément intéressant, alors il faut comparer, utiliser des logiciels de cartographies comme GIS… Une grande partie de notre expertise consiste à comparer des bases de données. Pour les gaz de schiste, nous allons pouvoir compter le nombre de sites sur une photo satellite et la comparer aux zones autorisées, aux nombres de puits qu’ils déclarent avoir forés, etc. Pour les nappes d’hydrocarbures, nous comparons les clichés avec les vitesses du vent relevées par les bouées en mer pour évaluer leur dispersion.

A qui s’adresse votre travail ?

Notre objectif final, c’est d’intéresser le plus de monde possible. Le véritable pouvoir politique vient de la base, le pouvoir de protéger l’environnement. Pour pousser des politiques écologiques, il faut agir à chaque niveau : à Washington, dans les États, auprès des gouverneurs, des élus… Le but est d’amener les citoyens à repenser leur rapport à l’environnement et à s’engager dans le processus politique. Les informations que nous fournissons sont totalement inaccessibles au grand public autrement : quelle surface des Appalaches est concernée par l’exploitation du charbon ?

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Explosion de l'exploitation des gaz de schiste dans le Wyoming.

Que pensez-vous du travail de certains reporters qui présentent des images magnifiées de la nature pour défendre l’environnement : votre travail ne va-t-il pas dans un sens exactement opposé ?

Vous soulevez un point intéressant : j’ai souvent été accusé à l’issue de mes conférences de déprimer les gens ! Il m’était reproché de montrer l’impact réel de notre mode de vie et de poser une question qui dérange : jusqu’où sommes-nous responsables ? J’espère que ceux qui voient mes photos se posent ces questions, qu’ils les appliquent à leur consommation d’énergie ou de matériaux. Mais parfois, je montre aussi de belles images, ne serait-ce que pour faire passer l’idée que la Terre est un bel endroit qui vaut encore la peine d’être sauvé. Ma seule préoccupation, c’est que les gens se lèvent de leur canapé après avoir vu les images.

Pensez-vous que le modèle de SkyTruth puisse être étendu à d’autres organisations ?

N’importe qui peut faire SkyTruth dans son jardin ! C’est un outil très puissant mais qui peut avoir de multiples applications. Nous voulons que l’information se diffuse, c’est aussi pour cette raison que nous sommes en Creative Commons : c’est un format qui permet de les diffuser le plus largement possible tout en gardant un recours en cas d’abus. Nous travaillons avec des ONG sur des problématiques liées à la forêt, les gaz de schiste et d’autres problématiques mais nous aimerions former des citoyens afin qu’ils puissent s’approprier cet outil : SkyTruth pourrait devenir un verbe. La prochaine étape de notre développement sera de monter une armée de “SkyTruthers” pour redonner leur pouvoir aux gens sur les décisions qui menacent leur environnement.


    Nos aliments sont-ils pollués ?

[30 juin 2011 - 12h48]
[mis à jour le 30 juin 2011 à 12h48]Pour aller plus loin : prenez connaissance de l’Etude de l’Alimentation Totale : Tome I et Tome II.
Source : ANSES, 30 juin 2011

Résumé : Etude sur l'alimentation des Français : une bonne maîtrise sanitaire dans l'ensemble

30 juin 2011, 10 h 35

cuisine© C. Magdelaine / notre-planete.info

L'Agence nationale de sécurité sanitaire, de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES) vient de réaliser la plus large photographie jamais réalisée des apports nutritionnels et expositions alimentaires aux substances chimiques de la population en France, en vue d'évaluer le risque à long terme de ces expositions.

 

Cette étude, dite de l'alimentation totale (EAT), a été initiée en 2006. Elle s'est employée à détecter 445 substances chimiques (pesticides, métaux lourds, PCB(1), composés perfluorés(2), phyto-estrogènes(3), additifs(4), mycotoxines(5),dioxynes(6)...) dans des échantillons constitués à partir de 20 000 aliments appartenant à 212 familles de produits alimentaires différents. Les 250 000 résultats obtenus ont été croisés avec nos habitudes alimentaires (déterminés par l'étude INCA2) afin d'estimer l'exposition alimentaire globale des consommateurs à ces diverses substances.

 

Au final, 90% de l'alimentation des Français, dans une trentaine de villes sur le territoire métropolitain a été passée au crible fin.

Pour 85 % des substances évaluées, l'exposition des consommateurs reste en dessous des valeurs toxicologiques de référence. Toutefois, l'ANSES souligne qu'il faut encourager tous les efforts qui permettront de réduire les teneurs des contaminants dans les aliments.

En ce qui concerne les pesticides, 95 % des échantillons présentent des valeurs inférieures aux seuils réglementaires.

 

Autre bonne nouvelle, concernant les dioxines et PCB, moins de 1% de la population est potentiellement exposé à des niveaux supérieurs au seuil toxicologique considéré comme sans risque pour une exposition de long terme (VTR), contre 28% en 2005. Ceci s'explique par l'interdiction des PCB en France depuis plus de 15 ans et de la mise en place d'une règlementation sur l'ensemble de la chaine alimentaire aussi bien pour les dioxines que les PCB.

Hausse des expositions pour certaines substances 

Par contre, cette étude alimentaire montre une hausse des expositions pour certains éléments traces métalliques comme le plomb, cadmium, l'arsenic inorganique, l'aluminium, le chrome, le méthylmercure, les sulfites (présents dans le vin), certaines mycotoxines comme le déoxynivalénol (DON), l'acrylamide (composé qui apparaît lors de la cuisson notamment des frites et chips) et un insecticide utilisé en agriculture, le diméthoate.

 

Certains aliments ont été identifiés comme contribuant principalement à l'exposition à plusieurs de ces substances pour lesquelles un risque sur le long terme ne peut être exclu. Il s'agit d'aliments fortement contaminés mais consommés en quantité significative que par des populations très réduites (thon notamment).

 

Mais il peut aussi s'agir d'aliments qui ne sont pas nécessairement très contaminés, mais qui sont très consommés. Ainsi, pour quelques substances, les contributeurs majoritaires sont par exemple le pain (cadmium, plomb, DON et dérivés) et les pâtes (aluminium), le café chez les adultes (cuivre, arsenic inorganique et acrylamide) et le lait chez les enfants (plomb, arsenic inorganique).

 

D'autres aliments contribuent fortement à l'exposition à certaines substances car ce sont les aliments présentant les plus fortes teneurs. C'est le cas des poissons gras, pour les dioxines et PCB, ou du thon, pour le méthylmercure. D'une manière générale, l'Anses rappelle en outre l'importance d'une alimentation diversifiée et équilibrée en variant au maximum les espèces et la provenance des aliments consommés.

Encore trop de sels dans les aliments

L'étude alimentaire met de nouveau en évidence des apports en sodium trop élevés et souligne l'importance de poursuivre les efforts de réduction des apports, à travers une réduction des teneurs en sel des principaux aliments contributeurs (pain et produits de panification sèche, charcuteries, fromages...).

 

En conclusion, l'ANSES souligne l'importance de la poursuite des études afin de disposer de davantage de données de biosurveillance qui permettront de caractériser les niveaux réels d'exposition, notamment chez certains groupes de population sensibles comme les jeunes enfants et les femmes enceintes.

Notes

  1. Les polychlorobiphényles (PCB) comprennent plus de 200 composés qui ont été utilisés par l'industrie, sous forme de mélange, pour leurs propriétés isolantes (transformateurs électriques) ainsi que leur stabilité chimique et physique (encres, peintures). Interdits depuis 1987, ils persistent dans l'environnement et peuvent s'accumuler dans la chaîne alimentaire.
  2. Large famille de plusieurs centaines de composés, fabriqués depuis les années 50, les composés perfluorés sont utilisés dans de nombreuses applications industrielles et produits non-alimentaires de consommation courante pour leurs propriétés anti-tâches et imperméabilisantes. Très résistants à la dégradation, ils sont retrouvés dans tous les compartiments de l'environnement et dans la chaine alimentaire.
  3. Ce terme regroupe plusieurs molécules de structures différentes synthétisées par les plantes, mais présentant une similarité avec la structure de l'estradiol, l'une des principales hormones féminines.
  4. Ajoutés aux denrées dans un but technologique au stade de la fabrication, de la transformation, de la préparation, du traitement, du conditionnement, du transport ou de l'entreposage des denrées, les additifs se retrouvent dans la composition des produits finis. Exemples : rocou, nitrites, sulfites...
  5. Produites par certaines moisissures au champ ou en cours de stockage des denrées végétales, les mycotoxines sont des contaminants naturels de nombreuses denrées d'origine végétale. Elles peuvent également être retrouvées dans le lait, les oeufs, les viandes ou les abats, si les animaux ont été exposés à une alimentation contaminée par des mycotoxines.
  6. ces familles de composés sont des polluants organiques persistants qui se forment lors de processus de combustion. Leur présence dans l'environnement peut être d'origine naturelle (feux de forêt) ou faire suite aux activités humaines

Source

Exposition alimentaire aux substances chimiques : l'Anses publie les résultats de la deuxième étude de l'alimentation totale - ANSES

 

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Samedi, second tour du Congrès de Europe Ecologie - Les Verts à La Rochelle. Théoriquement, il n’y a plus aucun suspens : la motion « Maintenant » regroupant la quasi-totalité des cadres du mouvement a obtenu la semaine dernièret.gif 50% + 17 voix.

 

Cela dit : les délégués élus en région gardent leur liberté de vote (et comme on va le voir ils vont s’en servir). Par ailleurs, ce qui est un très bon résultat pour un premier tour serait très mauvais pour un second tour : une majorité aussi rikiki ne se serait jamais vue chez les Verts. Toute la question est donc : fusion ou pas fusion ?

 

Dés le vendredi après-midi, les tractations commencent, tandis que les délégués de motion sont réunis dans des salles différentes de l’immense bâtiment qui fut le marché aux poissons de La Rochelle, L’Encan. Les représentants de la motion "Construire" (lancée par Dany Cohn-Bendit et José Bové, qui ne sont pas là) ont été mis au piquet, à 300 mètres des autres et de l’entrée, dans une salle totalement noire éclairée par des projecteurs.

 

Très vite, la motion « Envie » fait savoir qu’elle participera à une fusion de toutes les motions, sinon on en reste là. Ce qui est décisif : la motion « Maintenant » est obligée d’accepter la fusion. Ce qui signifie d’une part qu’il va être possible d’obtenir "un bon texte", et que d’autre part les 15 postes du bureau exécutif seront répartis à la proportionnelle. Ce qui donne : 8 Maintenant, 4 Construire et 3 Envie.

 

Les rédacteurs vont palabrer toute la nuit et ramener un texte en effet plutot satisfaisant, notamment sur l’accélération de la mise en place de la coopérative et sur la plus grande facilité de vote, avec « expérimentation » du vote par Internet. Ce détail peut sembler ridicule mais, comme nous le font remarquer les nouveaux adhérents venus du PS, les structures de vote en assemblée générale régionale issues des Verts-années-90 leur apparaissent surréalistes. Soit on vote physiquement, et alors on fait comme au parti socialiste où l’on vote localement, soit (ce qui est plus moderne) on vote électroniquement après des débats publics organisés localement ou sur le Web. Et il est curieux que les écologistes, qui rabâchent l’exigence de minimiser le bilan carbone, en soient encore à déplacer leurs troupes à travers tout le territoire pour déposer un bulletin dans l’urne.

 

Le plus difficile est évidemment la question de la composition du Bureau exécutif.

 

Dans les nouveaux règlements archi-compliqués d’Europe Ecologie Les Verts, chaque motion produit à l’avance la liste ordonnée de ses candidats au bureau exécutif !! (Chez les Verts il y avait beaucoup plus de souplesse). Pour « Construire », Dany est tête de liste. Il a annoncé qu’il renonçait à participer au bureau exécutif, alors qu’avec un meilleur score, il demandait : les élections, pour tenter d’arracher un groupe de 60 députés. Les suivants sont : Marie Bové, pour qui nous demandons la responsabilité des liaisons entre le parti et la coopérative, Jean Desessard, pour qui nous demandons la trésorerie (il est de plus en plus acquis, même à droite, que l’opposition assure la présidence de la commission des finances des assemblées et il paraît légitime, pour couper court à toutes les suspicions, qu’il en soit de même au bureau exécutif), puis Laurence Vichnievsky et Nadir Saïfi.

 

Dés la première nuit de négociation, « Maintenant » pose son veto contre Marie Bové, et déclare se réserver "les postes régaliens". Nous ignorons ce que signifie « régalien » dans un parti politique, mais manifestement cela doit vouloir dire qu’ils se considèrent comme : eux, l’Etat, et nous, les administrés. Nous leur rétorquons que de toute façon les 3 premiers de notre liste seraient au bureau exécutif s’il n’y avait pas de fusion, et la participation de Marie Bové n’est pas négociable.

 

Retour de volée le lendemain midi : cette fois, « Maintenant » met un veto sur la participation du 4ème de liste, Nadir Saïfi. Prétexte : il a participé au Grenelle de l’environnement, il représentait Écologie sans frontièret.gif, association qu’ils considèrent proche de Borloo.

 

Cette fois, l’assemblée des mandataires de « Construire » était abasourdie. Le prétexte de « Maintenant » est ridicule - tout l’effort de Dany et José Bové à Europe Ecologie a porté justement vers un mouvement écologiste fort et allié à la gauche, rassemblant tous les militants de sensibilité écologiste, du centre à l’extrême gauche.

 

Marie Bové comme Nadir Saïfi, y compris dans leur nom de famille (Nadir est le frère de Tokia Saïfit.gif, qui fut secrétaire d’état au développement durable de Chirac sous Raffarin), incarnent cet arc d’origines. Et surtout, Nadir serait probablement le seul représentant de la diversité des origines du peuple français au bureau exécutif d’un parti qui fait proclamation de soutenir et d’exprimer cette diversité !

 

Personnellement, et je ne suis pas le seul, je pense que dans ces conditions la fusion n’est plus possible. Laurence Vichnievsky (au nom pas non plus très céfran) propose : « Je me retire et comme ça tu fais partie des 3 premiers dont la présence est obligatoire. »

 

C’est alors que Nadir demande la parole : « Je suis écoeuré par cet ostracisme, mais votre soutien m’a réchauffé le coeur et pour moi, rien que cela, c’est un bon congrès. Le plus important aujourd’hui c’est que les écologistes apparaissent unis face aux échéances de 2012. Il faut la fusion, donc j’accepte de me retirer. » On décide, dans l’intérêt général de l’écologie, d’accepter le diktat de « Maintenant » et c’est le suivant, Nicolas Dubourg, qui sera notre 4ème représentant.

 

Nous apprenons en sortant que Elvan Uca, 3e de liste de « Envie » et d’origine turque, a lui aussi été récusé… au nom de la parité hommes/femmes.

 

Dans l’immense hall de l’Encan, tout en longueur, le débat, pas si formel que ça on va le voir, peut commencer devant les quelque 500 délégués. La moitié fidèle de « Maintenant » s’est massée devant, les autres à l’arrière. Pascal Durand, numéro 2 de la liste « Maintenant » et directeur de campagne de Nicolas Hulot, vient présenter la motion unifiée et enflamme toute la salle. Commence ensuite la litanie des interventions des motions.

 

Dés le début, Marie Bové puis Hélène Pelosse (me dit-on) se font siffler, pour avoir simplement affirmé qu’en acceptant cette fusion elles ne « remettaient pas les clés du mouvement à une reine. » Inquiétant. Pour la motion « Maintenant », seule Dominique Voynet parvient à transmettre un souffle certain.

 

J’interviens alors pour dire : "ma joie, ma peine et mon ambition".

 

Ma joie : jamais dans l’histoire des Verts une motion n’avait rassemblé la totalité des courants. C’est le résultat de notre maturité, mais surtout de l’urgence (la crise du libéral productivisme, la dernière "fenêtre de tir" sur le changement climatique, Fukushima et la nécessité de sortir vite du nucléaire).

 

Ma tristesse, ou plutôt ma honte : l’oukase posé contre Nadir Saïfi va faire disparaître le seul représentant de la diversité de notre peuple au bureau exécutif, sous le prétexte de ses "origines droitières".

 

Or - et c’est là, l’ambition - ce que nous voulons, c’est que l’écologie politique soit la nouvelle force dominante du camp progressiste de notre pays. Cela veut dire que des millions de personnes, qui n’avaient pas voté ou qui avaient voté Sarkozy en 2007, vont devoir voter progressiste en 2012, et j’espère que la plus grande partie de ces ex-abstentionnismes et « ex-droitiers » n’ira pas voter Front National, et qu’elle votera pour Europe Ecologie !

 

La salle s’est figée quand j’ai dit ma honte. Visiblement, la plupart des délégués de « Maintenant » n’étaient pas au courant. Puis une salve d’applaudissements éclate dans la salle : je distingue les petites tâches de couleur de leurs visages...

 

Naturellement, puisque nous sommes chez les écologistes, la motion censée réunir la totalité des courants n’obtient que 90% ! Mais il reste à élire 1/5 du bureau fédéral, le « parlement du parti » (soit 30 personnes), tous les autres ayant été élus en région. Ce « cinquième national » vise à représenter des militants qui ne sont pas spécifiquement liés à une région, mais plutôt à une thématique. Normalement les calculs nous donnent 7 élus. Surprise : nous en aurons 8 !

 

Deux douzaines de délégués au moins ont voté pour nous au lieu de voter pour leur propre courant. Nous discutons avec les délégués : ce sont les antillais-e-s et les délégué-e-s d’origine familiale maghrébine, turque, ou sud-américaine qui ont voté pour nous, quelle que soit la motion qui les avait délégués. Hélas : le bureau exécutif quant à lui restera blanc comme un rêve de Laurent Blanc, et le Conseil fédéral sera à peine plus coloré.

 

A noter aussi que la 4e motion, "Objectif Terre", correspondante dans EELV du courant trans-partis Utopia, n’avait pas obtenu 5 % mais avait quelques délégués élus en région qui ont pu voter très librement.

 

Cécile Duflot monte enfin triomphante à la tribune, follement acclamée par toute la première moitié de la salle. Séparée par une allée transversale, l’autre moitié restera pendant tout son discours assise bras croisés, observant impavide ce déchaînement. C’est dommage : par ses ostracismes, Cécile a manqué une occasion magnifique d’unifier le mouvement derrière elle.

 

Le lendemain, Philippe Meirieu, qui lui aussi a signé « Maintenant », est élu à l’unanimité et sous un tonnerre d’applaudissements président du conseil fédéral. Lui a su, par son comportement tout au long du congrès, incarner l’unité nécessaire d’Europe Écologie. C’est notamment lui a proposé puis présidé la commission qui a fait justice des calomnies répandues dans la presse contre les soi-disant malhonnêtetés de Dany Cohn-Bendit.

 

Mais déjà le mouvement a basculé dans le débat suivant : les primaires pour les présidentielles, qui occuperont tout le mois de juin.

 

Ca ne commence pas très bien : Nicolas Hulot déclare à la presse qu’il avait envisagé de former un ticket avec Borloo (ce qui n’est pas plus grave que d’être le frère de Tokia Saïfi ou d’avoir inspiré le Grenelle...). Mais, beaucoup plus ennuyeux : « Ce n’est pas possible actuellement, mais il reste encore 11 mois de campagne »...

 

Et cela marque clairement les limites de Nicolas Hulot. Il est devenu anti-nucléaire grâce à Fukushima, et il faut lui en savoir gré, car il y a plus de joie sur la terre pour l’ouvrier de la 11e heure que pour ceux qui furent dès le début à la défendre. Quel nouveau coup d’éclat de Borloo (après l’autorisation des forages de gaz de schiste) convaincra Nicolas que, même dans 11 mois, il ne pourra pas faire de ticket avec Borloo ?

 

Non, je ne pense pas que la candidature Hulot serait une catastrophe, de toute façon une présidence verte de la République, ce n’est pas pour maintenant. Nous nous battons pour un score à 2 chiffres et cela, c’est possible. Et selon moi, ce sera possible avec Eva Joly.

 

Car elle représente à la fois l’ouverture et la précocité, la sincérité de l’engagement à Europe Écologie. Et surtout elle incarne, à l’échelle internationale et jusque dans les institutions, la lutte contre la finance et sa corruption, qui détruisent la planète. Et c’est bien l’enjeu symbolique de la prochaine élection présidentielle.

 

Alain lipietz

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Qualifiant de «politbureau» la direction des Verts, Gabriel Cohn-Bendit écrit à Eva Joly : 

 

Les Verts ont «choisi Hulot comme candidat après t'avoir mis en avant pour t'éloigner de Dany». Et d'avertir l'ancienne juge que le «candidat qui sortira des primaires vertes sera le candidat de la petite secte et non celui des écologistes qui ont voté aux européennes pour la liste Europe Ecologie..

Soutien au candidat PS sous cinq conditions

Du coup, lui qu'on sait déjà «très hostile» à la candidature de Hulot, veut ouvrir, avec d'autres militants d'Europe Ecologie, «des négociations, dès aujourd'hui, avec les candidats aux primaires du PS». Il demande, dans sa lettre, à Eva Joly d'être leur «porte-parole» et soutenir dès le 1er tour le candidat ou la candidate choisi par le PS. Et l'association des amis d'Europe Ecologie pose 5 conditions. 

A savoir que le(la) candidate(e) socialiste accepte :  
            
1. le débat et le réferendum sur le non renouvellement du parc nucléaire
2. les 268 propositions du Grenelle de l'environnement
3. l'introduction d'une dose significative de proportionnelle aux législatives, en refusant l'aumône des 15 députés
4. un vice-Premier ministre chargé de l'Energie, l'Agriculture, le Transport, le Logement....
5. que des écologistes soient pleinement associés à la campagne électorale.

D'après son frère, Daniel Cohn-bendit, qui a a boudé le congrès de La Rochelle, n'a pas «encore tranché» sur cette décision. Il devrait normalement préciser sa position sur ce sujet ce soir, depuis Franckort, à la télévision. Samedi dernier, le fondateur d'Europe Ecologie s'est montré sceptique sur la primaire écologiste dans un entretien accordé au Monde. Il avait réaffirmé son souhait de voir ses amis écologistes rallier le candidat de la gauche dès le premier tour. «Parce que, explique t-il, la motivation primaire des gens va être de donner un congé parental à Sarkozy...»

Une réunion de membres de plusieurs associations proches des «Amis d'Europe Ecologie» devrait avoir lieu le 14 juin à Paris pour examiner cette initiative. 

 

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Daniel Cohn-Bendit a annoncé hier qu'il ne se rendrait pas au congrès d'Europe Écologie-Les Verts, le week-end prochain, et qu'il prenait ses distances avec la politique. Pour vous, ce divorce était écrit. Votre parti pris : les Verts ne méritent pas Cohn-Bendit. Vraiment ?

  

On aime ou on n'aime pas Daniel Cohn-Bendit, mais il faut lui reconnaître du panache et de l'indépendance. C'est l'un des anciens leaders de Mai 68 - ce qui lui a laissé une sainte horreur des appareils politiques. C'est aussi le plus français des Allemands et réciproquement, et cette double identité n'est pas pour rien dans son caractère fantasque et atypique. C'est un des personnages les plus brillants et les plus sincères de notre vie politique - et un esprit libre, le contraire d'un idéologue.

 

J'arrête là parce que j'ai l'impression de prononcer son éloge funèbre. Mais c'est vrai que voir notre Dany (bi)national tomber dans un combat d'apparatchiks, c'est un petit deuil. Pas forcément définitif, mais significatif.

La cause de cette "retraite", c'est la mise en minorité de Daniel Cohn-Bendit par Cécile Duflot et ses partisans. C'est la vie normale d'un parti politique, non ?

  

Évidemment. Et c'est la difficulté essentielle de Cohn-Bendit. Il aime trop la politique pour ne pas avoir besoin d'un parti, mais il s'est toujours vu davantage comme un inspirateur, un mentor, que comme un dirigeant.

 

Pour lui, Europe Écologie, c'était plus un mouvement qu'une organisation. Résultat prévisible : il a perdu la main. Derrière la bataille de pouvoir, il y a un enjeu stratégique. Il voulait convaincre les Verts de négocier dès maintenant avec le PS et de miser sur les législatives et non sur la présidentielle - parce qu'on pèse plus sur une ligne politique avec des élus au Parlement qu'avec un score, même flatteur, à la présidentielle. Il avait raison, mais il a échoué.

Il avait clairement laissé entendre qu'il était prêt à soutenir DSK en 2012. Est-ce qu'on peut considérer qu'il est une victime indirecte de l'affaire DSK ?

 

D'une certaine façon. Comme il est beaucoup moins gauchiste qu'il ne l'était en 68, il pariait sur DSK comme modernisateur de la gauche - et comme le meilleur candidat contre Nicolas Sarkozy. Mais il est surtout victime de ses propres contradictions. Il ferait un candidat idéal pour les écolos, mais il refuse la logique présidentialiste. Il ne pense pas qu'il est prioritaire pour un parti d'avoir un candidat à l'Élysée.

 

Les Verts, eux, baignent dans une culture parlementaire, mais ils adhèrent sans états d'âme au modèle de la Ve République. Le profil de leurs deux prétendants le montre bien : Hulot et Joly sont médiatiques et (relativement) populaires. Ça leur suffit.

 

Est-ce que la question du nucléaire a pesé dans cette bataille ?

 

Un peu. Même s'il a signé avec Cécile Duflot et Eva Joly un appel au référendum, Cohn-Bendit est sur une ligne moins dure.

 

Et il n'était pas prêt à faire du nucléaire un point de rupture avec le PS. Il peut aussi penser que l'exemple allemand plaide en sa faveur.

 

C'est l'enracinement politique des Verts allemands et leurs récents succès électoraux qui ont pesé sur la décision d'Angela Merkel d'abandonner le nucléaire. Dany le rouge a le blues, mais les Verts français ne sont pas près d'en obtenir autant. Tant pis pour eux !

 

 

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Le "défi de l'après Trois-gorges"

23.05.2011

Le 18 mai, le gouvernement chinois a recommandé la mise en place d’un programme pour "résoudre les problèmes posés par le Barrage des Trois gorges", sur le fleuve Yangtsé.

 

Ce faisant, il a reconnu qu'il fallait affronter le "défi de l'après trois-Gorges", écrit le site économique Caixin.

"En même temps que le barrage des Trois gorges apporte d’immenses bénéfices, sous plusieurs aspects, comme le transfert de populations dans de bonnes conditions, la protection de l’environnement, la prévention des risques géologiques, il nécessite la résolution rapides de problèmes".

 

Sans oublier les problèmes causés pour "la navigation ou l’approvisionnement en eau dans les cours moyenet inférieur du Yangtsé". Selon le site, le programme présenté par le Premier ministre Wen Jiabao serait à l’échéance de 2020 et se concentrerait sur les aspects socio-économiques

 

La Chine reconnaît que le barrage des Trois Gorges a causé plusieurs problèmes

 

SHANGHAI — La Chine a reconnu que son spectaculaire barrage des Trois Gorges, le plus important projet hydroélectrique du monde, a causé une multitude d'importants problèmes environnementaux, géologiques et économiques.

 

Un communiqué émis mercredi par le gouvernement chinois affirme que le projet de 23 milliards $ US est un succès, mais que des mesures doivent maintenant être prises pour lutter contre la pollution, réduire les risques de catastrophes naturelles et améliorer les conditions de vie des 1,4 million de personnes déplacées par la construction du barrage.

 

«Si le projet des Trois Gorges a engendré des bienfaits importants, il y a des problèmes qui doivent être confrontés de manière urgente en ce qui concerne la relocation et le bien-être des immigrants, la protection de l'environnement et la prévention des désastres géologiques», indique le communiqué.

 

Le document donne le détail d'un projet devant assurer un avenir plus propre, plus sécuritaire et plus durable pour la région des Trois Gorges, une section panoramique du fleuve Yangtse sur laquelle a été érigé un barrage qui a donné naissance à un réservoir de 660 kilomètres de long. Le communiqué concède que les résidants qui ont été chassés par le projet ont besoin de meilleurs services publics.

 

«Les gens doivent toujours être placés au premier plan pour garantir un équilibre entre leur bien-être, la protection de l'environnement et un développement durable et équilibré, dit le document. Nous devons renforcer la protection écologique et le contrôle de la pollution dans la région du réservoir (...) et la prévention et le contrôle des catastrophes géologiques».

 

Le barrage des Trois Gorges, présenté comme le meilleur moyen de mettre fin à des siècles d'inondations le long du Yangtse et d'alimenter en énergie la croissance industrielle chinoise, suscite la controverse depuis son inception il y a des dizaines d'années.

 

Certains géologues ont prévenu que l'accumulation d'une trop grande quantité d'eau dans le réservoir augmente les risques de glissements de terrain et de tremblements de terre, en plus d'endommager l'écologie du système.

 

Le gouvernement chinois a reconnu que la création du réservoir a augmenté la fréquence des séismes, mais nie un lien quelconque avec le puissant tremblement de terre qui a tué 87 000 personnes dans la région de Sichuan, dans le nord-est du pays, le 12 mai 2008.

 

La région est actuellement aux prises avec sa pire sécheresse des dernières décennies, ce qui augmente la pression sur les ressources en eau du Yangtse.

 

Toutefois, un rapport détaillé rendu public l'an dernier par le ministère chinois de la Protection environnementale révèle que les affluents et les lacs du Yangtse souffrent d'une contamination importante au cuivre, au zinc, au plomb et à l'ammonium.

 

La construction de nouvelles usines de traitement des eaux à Chongqing, la ville la plus importante en amont du fleuve, a amélioré la situation, mais le problème persiste, a dit le ministère.

 

Des centaines de millions de personnes dépendent du Yangtse, tout comme une bonne partie de l'industrie et du commerce maritime intérieur de la Chine.

 

L'eau potable se fait toutefois rare, les récoltes souffrent et le flot réduit de plusieurs rivières nuit à la production hydroélectrique, aggravant les problèmes d'alimentation énergétique.

 

Le transport maritime est paralysé en plusieurs endroits en aval du barrage et des travaux de dragage ont été lancés pour empêcher la situation de se détériorer encore davantage.

 

Des communautés en aval ont aussi commencé à détourner l'eau du Yangtse pour irriguer les provinces de Hunan et Hubei, dans le centre du pays, a révélé jeudi l'agence officielle Chine nouvelle.

 

La compagnie responsable du barrage des Trois Gorges a ouvert les vannes pour aider à combattre la sécheresse.

 

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 Controverse sur la disparition des espèces   

 « Nos résultats ne doivent pas conduire à la complaisance à propos de l’extinction liée à la disparition des habitats, qui est une menace réelle et croissante » ont écrit les experts Fangliang He et Stephen Hubbell.

 

L’étude, basée sur le recensement des oiseaux et des forêts aux Etats-Unis, suggère que la méthode la plus couramment utilisée a tendance à exagérer les disparitions de plus de 160%.

 

« La méthode doit être révisée » a déclaré Stephen Hubell, de l’Université de Californie, lors d’une conférence de presse.

 

Les scientifiques se démènent depuis longtemps pour anticiper le pourcentage d’extinction des espèces, alors que l’augmentation de la population humaine fait diminuer les habitats naturels, et notamment par le biais de la déforestation utilisée pour étendre les villes ou les cultures agricoles.

 

La pollution et le réchauffement climatique sont également des facteurs supplémentaires de menace.

 

Les scientifiques ont alimenté la controverse en déclarant qu’il « y avait des raisons pour remettre en question » l’Evaluation des Ecosystèmes du Millénaire des Nations Unies, qui annonce les extinctions futures à un taux 1000 à 10 000 fois supérieur au taux actuel, et une étude de 2004 indiquant que 18 à 35% de l'ensemble des espèces devrait disparaître d’ici 2050.

 

Chris Thomas, principal auteur de la dernière étude pour l’Université de York en Angleterre, a déclaré qu’il avait publié une mise à jour de son étude en 2004 avec des prévisions moins sombres, en utilisant notamment des techniques préconisées dans le rapport publié mercredi.

 

« Il est dommage que les auteurs ne l’aient pas réalisé » a-t-il déclaré. « Et actuellement, il n’y a pas de raison de se complaire en se disant que le risque d’extinction des espèces lié au changement climatique sera nécessairement moins important » que celui prévu initialement, a-t-il déclaré.

 

Le rapport de mercredi ne remet cependant pas en question les découvertes du Groupe Intergouvernemental d’experts des Nations Unies sur l’Evolution du Climat en 2007 –utilisées par les gouvernements pour guider les politiques climatiques – et qui indiquaient que 20 à 30% des espèces pourraient être « en risque accru d’extinction » alors que les températures augmentent.

 

Pour les scientifiques, le problème est qu’ils peuvent facilement compter les espèces dans une zone donnée mais il est bien plus difficile de compter les extinctions puisque cela nécessite de savoir que le dernier individu d’une espèce a bien disparu.

 

Certaines études réalisées dans les années 1970 par exemple, prévoyaient à tort que la moitié de toutes les espèces pourraient avoir disparu d’ici 2000.

 

Des études plus récentes ajoutaient l’idée « d’une dette d’extinction », selon laquelle les espèces sont vouées à disparaître une fois que leur habitat passe en dessous d'un point critique. L’étude indique que les estimations utilisées par cette technique sont mathématiquement biaisées.

 

Cependant, l’étude indique qu’il « ne fait aucun doute que l’Evaluation des Ecosystèmes du Millénaire a correctement identifié les pertes d’habitat comme étant la principale menace pesant sur la conservation de la biodiversité de la Terre, et la sixième extinction de masse pourrait être imminente ».

 

Les scientifiques ont dénombré cinq extinctions de masse dans l’étude des fossiles, la plus récente datant de 65 millions d’années, lorsque les dinosaures ont disparu.

 

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Publié le 23 mai 2011 par Erwan Pianezza

 

Voilà une information qui prouve que les financiers, que l'on accuse souvent de tous les maux, ont un rôle décisif dans l'implantation de projets à grande échelle  : Banco Santander, l'une des  grandes banque européennes, a annoncé sa décision de  suspendre le financement du barrage très controversé de Santo Antonio pour des raisons environnementales et sociales.

 

Cette décision porte un coup dur à ce projet qui fait partie d'une série de barrages planifiés en Amazonie brésilienne ayant soulevé une vague de protestations au Brésil et dans le monde entier. Trois leaders indiens d'Amazonie ont récemment effectué une tournée en Europe pour dénoncer ces barrages.

 

 

Les barrages de Santo Antonio et Jirau, en cours de construction sur la rivière Madeira, ont un coût estimé à 15 milliards de dollars. Ils menacent des milliers d'Indiens, dont des groupes isolés qui vivent à proximité.

 

Santander, qui devait investir 400 millions de dollars dans ce projet, a finalement suspendu son financement en attendant les résultats de l'étude d'impact socio-environnemental des autorités brésiliennes.

 

Plusieurs organisations internationales, dont Survival, ont appelé à l'abandon de ce projet. Valmir Parintintin, leader d'une communauté d'Indiens parintintin a dénoncé :

 

"Les autorités ne sont toujours pas venues nous voir pour nous informer de l'impact de ce barrage. La rivière est notre supermarché. Si ce projet aboutit, notre mode de vie sera anéanti. Qui nous apportera de quoi nous nourrir? Personne. Nous sommes très inquiets".

 

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd'hui :

 

'Tout ce que ce barrage a suscité jusqu'à présent est une vague de protestation internationale contre le déni des droits des Indiens au nom du progrès et du développement. Nous espérons que le retrait de Santander lancera un message fort aux autorités brésiliennes et qu'elles écouteront les Indiens dont les terres seront anéanties par ce projet'.

 

Informations et liens :  http://www.survivalfrance.org/actu/7260

 

 

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tiré de Barrages : La banque Santander suspend le financement d’un barrage controversé au Brésil

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Daniel Cohn-Bendit, le 16 mars, sur le plateau du "Grand Journal" de Canal+.

Daniel Cohn-Bendit, le 16 mars, sur le plateau du "Grand Journal" de Canal+.AFP/MIGUEL MEDINA

 

 

Le député européen revient sur la primaire des écologistes en avouant son attentisme : "De fait, on va devoir choisir non pas un programme mais une personnalité et ils sont tous les deux atypiques pour les écologistes", explique-t-il.

 

A ses yeux, une campagne présidentielle est "très politique" car "il faut répondre à tout". Il doute donc des capacités tant d'Eva Joly que de Nicolas Hulot : "J'essaie d'imaginer comment ils vont s'en sortir et je suis incertain", avoue-t-il.

 

Le fondateur d'Europe Ecologie redit aussi son souhait de voir les écolos rallier la gauche dès le premier tour pour 2012, "parce que la motivation primaire des gens va être de donner un congé parental à Sarkozy". Pour lui, "le plus important, c'est d'avoir un groupe parlementaire conséquent, sur lequel pourront s'appuyer nos ministres", insiste-t-il.

 

AUBRY PLUTÔT QUE HOLLANDE

Il porte aussi un regard positif sur la primaire du PS : "Avec le déraillement de DSK, les socialistes ont dû accepter une primaire plus ouverte." Taclant au passage l'organisation de celle des écologistes :  

 

"J'entends dire qu'au PS on veut faire voter le peuple de gauche avec un euro symbolique ; je ne l'entends pas des écolos et ça m'attriste."

 

Enfin, sans avouer encore de préférence entre Martine Aubry et François Hollande, il indique sa tendance :

 

"Ça dépendra du positionnement sur la transformation écologique de la candidate Martine Aubry. Si elle dit qu'elle est pour la sortie du nucléaire alors que François Hollande est contre, je serais plutôt pour elle."

Sylvia Zappi