9b Revue de presse - Notre sélection mai 2011 -

Changement climatique: 2010, année record pour les émissions de CO2

Par Thierry Noisette | 30 mai 2011 |CO2-ciel-106x82.jpgLe nouveau record d’émissions de gaz carbonique rend très incertain l’objectif de limiter à 2°C la hausse des températures au 21ème siècle. L’adoption massive d’énergies propres ou des efforts d’efficacité énergétique pourraient y contribuer… à condition de faire vite.

 

Les émissions de gaz carbonique ont battu l’an dernier tous les records, a annoncé aujourd’hui l’Agence internationale de l’énergie (IEA). Elles ont baissé en 2009… en raison de la crise financière mondiale, puis sont remontées en 2010, à 30,6 Gigatonnes (Gt) de dioxyde de carbone, soit 5% de plus que le précédent record, en 2008 (où les émissions mondiales étaient estimées à 29,3 Gt).

 

C’est une très mauvaise nouvelle pour l’avenir climatique de la planète: cette hausse réduit fortement nos espoirs de limiter la hausse mondiale des températures à 2°C (d’ici la fin du siècle), l’objectif assigné fin 2010 au sommet de Cancun, a expliqué Fatih Birol, économiste en chef de l’IEA.Pour parvenir à ce résultat, il faudrait qu’entre 2010 et 2020 les émissions de CO2 n’augmentent pas plus qu’elles ne l’ont fait entre 2009 et 2010…

 

44% des émissions de CO2 de l’an dernier viennent du charbon, 36% du pétrole et 20% du gaz naturel. 40% des émissions proviennent des pays de l’OCDE contre 60% des pays émergents, mais en termes de croissance des émissions, les pays les plus riches n’ont compté que pour 25% de la hausse du CO2, tandis que la Chine et l’Inde ont réalisé des augmentations bien plus fortes de leurs émissions.

 

Une chance sur deux que les températures augmentent deux fois plus que prévu

L’économiste anglais Nicholas Stern, auteur d’un célèbre rapport en 2006 sur l’impact économique du changement climatique, a expliqué au journal The Guardian que les projections indiquent 50% de probabilité d’une augmentation de plus de 4°C de la température d’ici 2100.

 

Une hausse qui perturberait des centaines de millions de personnes dans le monde et entraînera migrations et conflits, estime Nicholas Stern.

 

Selon Fatih Birol, pour parvenir à l’objectif de 2°C de hausse, il faudrait un accord international contraignant ou des actions majeures vers des technologies d’énergies propres, d’efficacité énergétique et d’autres technologies.

 

De quoi nourrir la réflexion des pays qui se réuniront en Allemagne, à Bonn, du 6 au 17 juin, pour une conférence sur le climat organisée par les Nations unies.

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L'alliance Verts-SPD, un modèle allemand pour la gauche française ?

LEMONDE | 11.05.11 | 15h42

Pour gagner l'élection présidentielle, dans un an, la gauche française va-t-elle s'inspirer du modèle allemand ? Le Bade-Wurtemberg n'est pas toute l'Allemagne. Mais le Parti socialiste et Europe Ecologie-Les Verts (EELV) vont sûrement examiner de près ce qui se passe dans cet Etat-région voisin de l'Alsace.

 

Un laboratoire ?

 

Après avoir été dirigé pendant cinquante-huit ans par la droite, le Bade-Wurtemberg vient de basculer à gauche.

 

Et comme, pour la première fois, les Verts ont réalisé un meilleur score que le SPD, c'est un élu écologiste qui, jeudi 12 mai, s'apprête à diriger, à la tête d'une alliance entre les deux partis, cet Etat-région.

 

 Le programme de cette coalition, présenté le 27 avril, est riche d'enseignements pour la gauche française. Pour arriver au pouvoir, les Verts et les "rouges" ont mis de l'eau dans leur vin. Pas question d'effrayer la ménagère souabe, connue pour être près de ses sous, ni de dénigrer les dirigeants de Porsche et de Mercedes, qui créent des milliers d'emplois. Le mot-clé de la coalition est "durabilité". De la mobilité à la politique budgétaire, tout doit être "durable".

 

Conséquence : loin de multiplier les dépenses, la coalition promet de gérer mieux que la droite et de parvenir à un budget équilibré. Comme à Berlin, les déficits publics ont mauvaise presse, pas seulement auprès des agences de notation mais également auprès des électeurs. Deuxième priorité que la gauche française pourrait faire sienne : la formation, avec l'objectif de fournir une éducation de qualité pour tenter de réduire les inégalités sociales.

 

La troisième priorité concerne l'économie et l'environnement.

 

Loin d'être des partisans de la décroissance, les Verts allemands se revendiquent comme les meilleurs alliés de l'industrie de demain, notamment des PME innovantes, contrairement à la droite, accusée de soutenir les monopoles, devenus les symboles du vieux capitalisme.

 

Là aussi, le Parti socialiste français pourrait d'autant plus facilement s'y retrouver qu'il ne s'agit pas d'une version rhénane d'un blairisme honni. Contrairement aux travaillistes britanniques, la gauche allemande accorde une large place à la puissance publique.

 

L'alliance entre le SPD et les Verts a été d'autant plus facile à trouver que la question du nucléaire ne constitue plus une divergence. Depuis dix ans, le SPD est favorable à la sortie du nucléaire. Il n'en va pas de même en France, où la place du nucléaire constitue une vraie pierre d'achoppement entre le PS, réputé pro-nucléaire, et EELV, qui plaide pour l'abandon du tout-nucléaire.

 

De Martine Aubry à François Hollande, en passant par Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn, le PS offre une palette d'une très grande diversité d'opinions.

 

L'enjeu en France n'a pas la même dimension qu'en Allemagne. Ici, il s'agit de gérer un Etat-région, là d'une élection présidentielle. Tout dépendra du choix des candidats, pour le PS comme pour EELV. Les deux partis, qui ont abandonné l'idée, soutenue au départ par Daniel Cohn-Bendit, d'une primaire commune, seront en concurrence. C'est fin juin que les écologistes choisiront leur champion, si tant est que les amis de Nicolas Hulot et d'Eva Joly parviennent à s'entendre sur les modalités de cette primaire. L'ex-animateur de TF1 a même menacé de s'affranchir de cette consultation si ses exigences n'étaient pas retenues. Et ce n'est qu'en octobre que le PS désignera son candidat.

 

Compte tenu de ce calendrier, le PS et EELV ont reporté de juin à l'automne leurs négociations en vue de la conclusion d'un contrat de gouvernement et d'un accord électoral pour les législatives de juin 2012. Sur fond de bisbilles internes entre Cécile Duflot, la secrétaire nationale d'EELV, et M. Cohn-Bendit, lors du premier congrès du mouvement du 3 au 5 juin à La Rochelle, les écologistes réclament un contrat " exigeant" avec le PS. Ils ont déjà listé leurs divergences avec un partenaire socialiste dont ils craignent la volonté hégémonique : sur la fiscalité écologique, l'introduction de la proportionnelle aux législatives et le nucléaire.

 

L'équation ne sera pas la même selon l'identité des candidats. Les Verts ne cachent pas leur prévention vis-à-vis de M. Strauss-Kahn et se montrent mieux disposés dans l'hypothèse d'une candidature de Mme Aubry ou de M. Hollande.

 

Côté écologistes, Mme Joly se réclame clairement de la gauche et n'hésitera pas à se désister pour le candidat socialiste au second tour. Il n'en va pas de même pour M. Hulot. Le 3 mai, sur Canal+, celui-ci a appelé la gauche à "remettre en cause le modèle économique qui sécrète de la rareté et amplifie l'état d'inégalité". "Si ça doit se jouer, a-t-il ajouté, à un Grenelle 2, à quelques éoliennes de plus, pardon de le dire, il n'y aura pas d'automaticité."

 

M. Hulot ne veut rien "sceller par avance" et préfère attendre le premier tour pour voir "quelles sont les alliances possibles", avec deux options : "La gauche, mais le centre aussi." A l'évidence, pour la gauche française, le modèle allemand n'a pas encore franchi le Rhin.


Le Monde publie la liste des traitements contenant des parabènes, ces conservateurs toxiques.

400 médicaments contiendraient des parabènes. Cette information du Monde pourrait avoir l'effet d'une bombe dans l'industrie pharmaceutique.  

 

D'après la liste publiée par le quotidien du soir, ces conservateurs toxiques seraient présents aussi bien dans des crèmes comme la Biafine; des sirops contre la toux (Clarix, Codotussyl, Drill, Hexapneumine, Humex, Pectosan, Rhinathiol); des pansements gastriques (Maalox, Gaviscon); des traitements des nausées et vomissements (Primpéran); des médicaments contre la douleur et la fièvre (formes génériques d'ibuprofène et de paracétamol).  

 

Les formes génériques de ces médicaments ne seraient pas épargnées. 

 

Les parabènes sont des perturbateurs endocriniens qui pourraient favoriser le développement de cancers. Ils présenteraient également un risque potentiel pour la fertilité masculine.  

Phtalates, parabènes, bisphénol A en ligne de mire

 

 

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L'humanité peut et doit faire plus avec moins, souligne le PNUE

Les experts pointent la nécessité de « découpler » la consommation des ressources des taux de croissance économique

 

New York/Nairobi, 12 Mai 2011 – Le dernier rapport du Programme des Nations Unies pour l'environnement lance une mise en garde sur le fait que, si rien n'est fait pour "découpler" le taux de croissance économique du taux de consommation des ressources naturelles, le volume de minéraux, minerais, combustibles fossiles et biomasse consommés chaque année par l'humanité pourrait atteindre, d'après les estimations, 140 milliards de tonnes (soit trois fois les niveaux actuels) d'ici 2050.

Dans les pays développés, la consommation de ces quatre ressources clés s'élève en moyenne à 16 tonnes par habitant (et dépasse parfois les 40 tonnes). À titre de comparaison, un Indien consomme en moyenne aujourd'hui quatre tonnes par an.

D'après ce rapport, rédigé par le Panel international des ressources du PNUE, l'éventualité d'une hausse significative des niveaux de consommation, sous l'effet conjugué de la croissance démographique et économique, notamment dans les pays en développement, « va sans doute bien au-delà des niveaux supportables ».

 Les gisements bon marché et de bonne qualité de certaines ressources essentielles telles que le pétrole, le cuivre et l'or, commencent déjà à s'épuiser, avec pour conséquence, une hausse des volumes de combustibles et d'eau douce nécessaires à leur extraction.

 Faire en sorte que le taux de productivité des ressources (« faire plus avec moins ») dépasse celui de la croissance économique est le principe fondamental de la notion de « découplage », souligne le panel. Cet objectif implique néanmoins de repenser d'urgence les liens entre l'utilisation des ressources et la prospérité économique et de soutenir les innovations technologiques, économiques et sociales par des investissements massifs, pour parvenir au moins au gel de la consommation par habitant dans les pays riches, tout en aidant les pays en développement à adopter un mode de croissance plus durable.

 Le phénomène d'urbanisation peut constituer selon les experts un atout à ce titre, dans la mesure où les villes permettent des économies d'échelle et une fourniture de services plus efficace. La consommation par habitant dans les zones densément peuplées est inférieure à celle des régions faiblement peuplées du fait des économies réalisées aux niveaux de la distribution d'eau, du logement, de la gestion des déchets et du recyclage, de la consommation d'énergie et des transports, indiquent les experts.

 « Le découplage est une solution gagnante sur tous les tableaux : économique, social et environnemental, » estime Achim Steiner, sous-secrétaire général des Nations Unies et directeur exécutif du PNUE.

 « Les gens croient que les nuisances écologiques sont le prix à payer pour les bienfaits économiques. Nous ne pouvons pas et n'avons pas à continuer à nous comporter comme si ce compromis était inévitable, » ajoute-t-il. « Le découplage s'inscrit dans une transition vers une économie verte fondée sur de faibles émissions de carbone et une utilisation efficace des ressources, afin de stimuler la croissance, créer des emplois décents et éradiquer la pauvreté pour que l'empreinte écologique de l'humanité ne dépasse pas les limites de la planète. »

« Le sommet 'Rio+20' de l'an prochain sera l'occasion de développer et d'accélérer l'éclosion de l'économie verte, dont les premiers bourgeons sont décelables dans l'ensemble des pays développés et en développement. »

 Le nouveau rapport du Panel international des ressources du PNUE, le quatrième de la série, a été rendu public à New York lors de la session annuelle de la Commission des Nations Unies pour le développement durable, qui est axée sur la question de la consommation et de la production durables. Cette session précède d'un an la Conférence internationale des Nations Unies sur le développement durable (Rio+20) qui se tiendra du 4 au 6 juin 2012 à Rio de Janeiro, autour des deux questions centrales de l'économie verte dans le cadre du développement durable et de l'éradication de la pauvreté, et de l'obtention d'un accord sur un cadre international de développement durable.

 Si le rapport ne propose pas d'options stratégiques et technologiques détaillées (qui feront l'objet de prochains rapports), il souligne que les technologies qui ont permis à l'homme d'extraire des quantités toujours plus importantes de ressources naturelles doivent être désormais mises au service d'une utilisation plus efficace des ressources.

 La consommation de ressources moyenne par habitant et par an, à l'échelle mondiale, s'élevait, en 2000, entre 8 et 10 tonnes, soit environ le double de l'année 1900. Dans les pays industrialisés (qui représentent un cinquième de la population mondiale), ce taux moyen était pour la même année près de deux fois supérieur à la moyenne mondiale et de quatre à cinq fois supérieur à celui des pays en développement les plus pauvres.

 La consommation par habitant à l'échelle mondiale (ou nationale) est calculée en divisant le total des extractions mondiales (ou nationales) de minéraux, de minerais, de combustibles fossiles et de biomasse par les chiffres de la population mondiale (ou nationale).

 La croissance rapide du commerce international brouille néanmoins les responsabilités en matière de consommation des ressources et de leur incidence sur l'environnement, indiquent les auteurs.

 Au cours du siècle dernier, les mesures de lutte contre la pollution et d'autres dispositifs ont permis de réduire l'impact environnemental de la croissance économique. Sous l'effet conjugué des innovations en matière de technologies, de conception de produits, d'utilisation de l'énergie et de l'essor des populations urbaines adoptant un style de vie plus durable, l'économie mondiale a connu une croissance plus rapide que la consommation des ressources.

 Il convient cependant de relativiser ces progrès. La croissance démographique, le maintien de la consommation à des niveaux élevés dans les pays industrialisés et la demande croissante de biens matériels, notamment en Chine, en Inde, au Brésil et dans d'autres économies émergentes ont multiplié par huit la consommation de ressources qui, en valeur absolue, est passée de 6 milliards de tonnes en 1900 à 49 milliards en 2000. Selon les estimations, elle s'élèverait aujourd'hui à 59 milliards de tonnes.

 Le découplage est bel et bien à l'œuvre mais « à un rythme qui ne suffit pas pour satisfaire les besoins d'un société équitable et durable, » préviennent les auteurs du rapport. Entre 1980 et 2002, les ressources nécessaires pour produire une valeur économique de 1 000 dollars US ont chuté de 2,1 à 1,6 tonne.

 Le rapport fait état des progrès accomplis dans quatre pays dont les gouvernements ont adopté des politiques appuyant ce découplage. C'est le cas de l'Allemagne et du Japon, qui ont démontré le potentiel de cette approche.

 - L'Allemagne a fixé des objectifs en matière de productivité des énergies et des ressources et entend multiplier celle-ci par deux d'ici 2020. Le pays affiche également des objectifs ambitieux pour 2020, comme de satisfaire certains besoins énergétiques, notamment en chauffage et en électricité, avec des sources d'énergies renouvelables ou de réduire de 30 % les émissions de CO2.

 - Le Japon s'est engagé à devenir une « société durable », faible productrice d'émissions de carbone, axée sur la réduction, la réutilisation et le recyclage de matériaux et l'harmonie avec la nature. Les flux de matières font l'objet d'un suivi rigoureux. Les mesures mises en place par le Japon « sont probablement les exemples les plus aboutis d'amélioration de la productivité des ressources et de limitation des impacts environnementaux dans la pratique, » indique le rapport.

 - La Constitution de l'Afrique du Sud prévoit « un développement et une utilisation des ressources écologiquement durables ». Les politiques mises en œuvre par le pays exigent explicitement un « découplage des ressources et de l'impact » et des réductions des émissions de 30 à 40 % d'ici 2050. Les progrès se heurtent cependant à une dépendance de plus en plus forte vis-à-vis des exportations de charbon et de minéraux. Son intensité carbone est la plus élevée au monde et ses émissions par habitant représentent le double de la moyenne mondiale.

 - La Chine s'est fixé pour objectif de bâtir une « civilisation écologique » où les préoccupations liées aux ressources et à l'environnement arriveraient en tête des priorités. Le pays a élaboré des indicateurs de découplage, fixé des objectifs obligatoires, comme de réduire de 20 % l'intensité énergétique et lancé des programmes d'économie de l'énergie et de réduction de la pollution à l'échelle nationale. Son plan d'action national sur les changements climatiques vise une baisse de 40 à 45 % de l'intensité des émissions de CO2 d'ici 2020.

 Selon les auteurs du rapport, la Chine constitue un test de référence à l'échelle mondiale, « parce qu'elle souhaite poursuivre sa croissance économique rapide tout en faisant un usage plus rationnel des ressources. »

 « Les mesures que la Chine instaure pour concilier ces objectifs auront une importance capitale pour les autres pays en développement qui partagent les mêmes intentions politiques. »

 Le rapport souligne que la réduction du taux de consommation de ressources, et ses conséquences, sont théoriquement possibles si le développement économique du pays n'est pas simplement conçu en termes de croissance matérielle.

 « L'heure est venue de reconnaître que les ressources naturelles nécessaires au développement et à la croissance économique sont limitées, » avertissent les auteurs.

 Le découplage « impliquera de modifier considérablement les politiques des gouvernements, le comportement des entreprises et les modes de consommation du grand public… ce changement passera par des innovations, voire des transformations radicales. »

 Le rapport propose trois scénarios de consommation équitable des ressources par les pays développés et en voie de développement : « convergence d'ici 2050 »

 

Scénario 1 : maintien du statu quo dans les pays développés, convergence des autres pays

 La consommation de ressources par habitant demeure stable dans les pays industrialisés, comme ce fut le cas au cours des trois dernières décennies, et le reste du monde poursuit la tendance actuelle de rattrapage. Ce scénario conduit à une consommation annuelle totale de 140 milliards de tonnes de minéraux, de minerais, de combustibles fossiles et de biomasse, soit 16 tonnes par habitant pour une population mondiale de 9 milliards de personnes d'ici 2050. D'après le rapport, il s'agit d'un « scénario insoutenable du point de vue de l'utilisation des ressources et des niveaux d'émissions, qui dépasse probablement toutes les mesures envisageables en matière de ressources disponibles et d'évaluation des limites en matière de capacité à absorber les impacts. »

 

Scénario 2 : légère contraction de la consommation dans les pays développés, convergence des autres pays

 Les pays industrialisés diminuent de moitié leur consommation par habitant (8 tonnes), tandis que les autres pays rejoignent ce niveau. La consommation totale à l'échelle mondiale s'élèverait par conséquent à 70 milliards de tonnes d'ici 2050. « Ce scénario suppose d'importants changements structurels, qui conduiraient à de nouveaux modes de production industrielle et de consommation, différant sensiblement du modèle industriel occidental traditionnel, gros consommateur de ressources. »

 Ce scénario aboutit à une consommation mondiale de 70 milliards de tonnes d'ici 2050, soit 40 % de plus que le volume annuel des ressources extraites enregistré en 2000. La moyenne des émissions de CO2 par habitant augmenterait de presque 50 % pour atteindre 1,6 tonne par personne et les émissions mondiales devraient plus que doubler.

 Rares sont les pays où l'on a observé des réductions drastiques de la consommation, à des niveaux bien inférieurs à ceux envisagés dans le scénario 2 et, dans certains cas, la baisse de la consommation par habitant n'a été obtenue que par l'importation de ressources de l'étranger.

 

Scénario 3 : forte contraction de la consommation dans les pays développés, qui convergent avec les autres pays

Les pays industrialisés réduisent de deux tiers leur consommation par habitant et les autres nations demeurent à leurs niveaux actuels, avec pour résultats un taux de consommation mondial annuel par habitant de six tonnes et une consommation totale mondiale de près de 50 milliards de tonnes, qui équivaut à celle de l'année 2000.

 Ce scénario comporterait tant de restrictions et rebuterait tellement les décideurs politiques qu'il « peut difficilement être envisagé comme un objectif stratégique potentiel, » reconnaissent les auteurs.

 Et pourtant, des mesures aussi strictes que celles-ci maintiendraient la consommation mondiale à des niveaux que les scientifiques estiment encore insoutenables. Les émissions moyennes de CO2 par habitant seraient réduites d'environ 40 % pour atteindre 0,75 tonnes/habitant et les émissions mondiales se stabiliseraient à leur niveau de 2000.

 

« Ces scénarios remettent en cause notre vision et nos postulats actuels en matière de développement, » poursuivent les auteurs du rapport. « Si les investissements qui sont faits aujourd'hui dans les pays en développement et développés enferment l'humanité dans le maintien du statu quo et un modèle de croissance basé sur une utilisation un peu moins intensive des ressources, le risque de nous retrouver confrontés à des contraintes écologiques et à des difficultés d'approvisionnement ne fera qu'empirer. »

« Ces conclusions ont conduit le Panel international des ressources à mettre l'accent, dans ses prochains rapports, sur les mesures à prendre pour améliorer la productivité des ressources et proposer des alternatives valables aux décideurs. »

 

Il reste des difficultés à surmonter…

 - Les décideurs et le grand public ne sont pas encore convaincus qu'il existe des limites matérielles absolues à la quantité de ressources exploitables par l'homme.

 - Les écarts importants en matière de consommation par habitant impliquent de mettre en place différents niveaux d'action. Les pays les plus pauvres, qui seront sans doute les premiers à subir les effets des pénuries de ressources, doivent avoir la possibilité d'améliorer leur niveau de vie. S'ils souhaitent cependant s'engager à leur tour dans un schéma de croissance excessif, ils courent le risque d'exposer leurs économies à des difficultés d'approvisionnement et d'exercer une pression encore plus insoutenable sur le stock de ressources de la planète.

 - Les meilleurs gisements de minéraux, de minerais et de combustibles fossiles et les plus facilement accessibles sont en train de s'épuiser. Les nouveaux gisements sont généralement plus difficiles d'accès et de qualité moindre. La prospection et l'extraction consomment de plus en en plus d'énergie, aggravant l'impact sur l'environnement. Il faut dégager à présent trois fois plus de matières pour extraire un minerai donné qu'il y a un siècle, avec la dégradation des sols, de la qualité de l'eau et la consommation d'énergie que cela entraîne.

 - L'extraction de ressources s'effectue de plus en plus dans des pays qui disposent de normes juridiques et environnementales moins strictes, de sorte que « l'impact environnemental par unité de matière extraite est de plus en plus lourd. »

 - À mesure que les échanges se développent, il devient plus difficile de déterminer les responsabilités en matière de consommation des ressources. Il s'agit pourtant d'un facteur capital si l'on veut imposer à chaque pays des restrictions en matière de consommation par habitant. La réduction de l'exploitation minière et de ses conséquences relève-t-elle de la responsabilité du pays où s'effectue l'extraction, de celui qui transforme ce minerai en produit fini ou de celui qui consomme ce produit ?

 - Une consommation plus rationnelle de l'énergie et des produits manufacturés comporte souvent un effet boomerang dans la mesure où les économies réalisées permettent aux consommateurs d'acheter d'autres biens ou de les utiliser plus souvent, comme c'est par exemple le cas pour les voitures économes en carburant, qui incitent à faire plus de kilomètres.

 

Et des raisons de garder espoir

 - D'après le rapport, la certitude que des pénuries de ressources écarteront en fin de compte la possibilité de maintenir le statu quo signifie que les pays qui ont pris de l'avance en investissant dans les innovations « récolteront forcément les fruits de leurs efforts lorsque d'autres seront confrontés à la nécessité d'évoluer rapidement. »

 - Les pays en développement, qui ne sont pas freinés par les technologies existantes, pourront sauter les étapes qui mènent à des modes de croissance et de production moins consommateurs de ressources, à l'instar d'une grande partie du continent africain, qui a adopté directement la téléphonie sans fil sans passer par un réseau téléphonique fixe.

 - La hausse des prix de nombreuses ressources engendre la nécessité économique de diminuer notre consommation même si des prix plus élevés risquent également de financer l'exploitation de gisements plus dispendieux et dangereux pour l'environnement comme c'est le cas pour le pétrole en Arctique.

 - L'urbanisation peut réduire le taux de consommation d'une population donnée en améliorant la qualité de la fourniture des services et en « concentrant le savoir-faire ainsi que les ressources financières, sociales et institutionnelles nécessaires à la mise en place d'innovations durables. » Néanmoins, les chiffres de la consommation des villes sont parfois réduits artificiellement si la zone urbaine dépend de l'énergie et des ressources de la campagne environnante. En outre, le niveau de consommation des citadins augmente parallèlement à la croissance économique. « C'est tout le dilemme auquel sont confrontées les villes en matière de durabilité, » soulignent les auteurs du rapport. « Elles jouent un rôle moteur dans l'utilisation non durable des ressources au niveau mondial mais ce sont elles qui présentent le plus grand potentiel en matière d'innovations durables.

 - Des écarts importants de taux de consommation de ressources existent encore aujourd'hui d'un pays à l'autre et ce, y compris entre des pays qui affichent des PIB par habitant équivalents. C'est la preuve que l'amélioration de la productivité des ressources et la croissance économique au niveau national ne sont pas incompatibles.

 

 Citations clés

 

« Nous devons garder à l'esprit que la prospérité et le bien-être ne sont pas nécessairement liés à la consommation de quantités toujours plus grandes de ressources. Le découplage ne signifie pas un arrêt de la croissance. Il consiste plutôt à faire plus avec moins. La consommation mondiale de ressources est en train d'exploser. Cette tendance n'est en aucun cas viable. »

Ernst U. von Weizsäcker, co-président, Panel international des ressources du PNUE et ancien président de la Commission de l'environnement du Bundestag

 

« Découpler les impacts et la consommation de la croissance est une percée importante, une manière de mettre un terme à l'impasse à laquelle nous expose l'idée qu'il faut faire un compromis entre le développement économique et l'environnement. » Dans un monde aux ressources limitées, les pays en développement pourraient adopter une autre vision du développement. »

 « La consommation de ressources a explosé depuis l'époque de nos arrière-grands-parents du fait des progrès ayant permis une baisse des prix des ressources. Avec l'augmentation importante de la valeur réelle des denrées alimentaires, des métaux rares, de l'énergie et d'autres ressources, les conditions préalables à une politique volontariste de découplage sont plus nombreuses que jamais. »

 Ashok Khosla, co-président, Panel international des ressources PNUE, président de l'UICN et fondateur de Development Alternatives, Inde.

 

Pour plus d'informations, veuillez contacter :

 

Nick Nuttall, Porte-parole / Responsable des médias du PNUE, tél. : + 254 20 7623084, mobile : + 254 733 632755 / +41 79 596 57 37, e-mail : nick.nuttall@unep.org

Moira O'Brien-Malone, Chargée de l'information, Division de la Technologie, de l'Industrie et de l'Economie (DTIE), Paris, tél. : + 33 1 44 37 76 12, mobile : +33 6 82 26 93 73, e-mail : moira.obrien-malone@unep.org

Terry Collins, tél. : +1 416 538 8712, mobile : +1 416 878 8712, e-mail : TerryCollins@rogers.com

Jim Sniffen, Administrateur de programme, PNUE, New York, tél. : +1 212 963 8094 ou 8210, e-mail : info@nyo.unep.org

 

Le Panel international des ressources

Le Panel international des ressources a été lancé officiellement en novembre 2007, avec pour mission de fournir la dynamique scientifique visant à découpler la croissance économique et l'utilisation des ressources de la dégradation de l'environnement. Ses objectifs sont les suivants :

 - Réaliser une évaluation scientifique indépendante, cohérente et fiable de la pertinence des politiques sur l'utilisation rationnelle des ressources naturelles et notamment de leur impact environnemental sur l'ensemble du cycle de vie ;

 - Contribuer à une meilleure compréhension des mesures à mettre en œuvre pour découpler la croissance économique de la dégradation de l'environnement.

 

Pour plus d'informations :

  www.unep.org/resourcepanel

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Energie

L’Allemagne tend les bras à l’éolien offshore

parzegreenweb, le 3 mai 2011

 

L'Allemagne a inauguré hier son tout premier parc éolien offshore à usage commercial. Probablement le début d'une longue série

L’événement a une symbolique particulière, moins d’un mois après la décision de Berlin de tourner petit à petit le dos à l’énergie nucléaireà partir de 2020. Fraîchement accueillie par lesgéants allemands de l’électricité, motivée entre autres par les pressions grandissantes de l’opinion publique et de Grünen en plein renouveau politique depuis l’accident deFukushima 1(Japon), cette mesure choc suppose une profonde restructuration de la politique énergétique dont on connaîtra les grandes lignes dans les mois à venir.

Une nouvelle impulsion devrait en toute logique être donnée aux technologies propres.

En attendant, nos voisins d’outre-Rhin ont franchi un nouveau cap à travers l’inauguration hier en présence de la chancelière Angela Merkel du tout premier parc éolien offshore à usage commercial d’Allemagne.

Installé en mer Baltique à seize kilomètres des terres, d’où son nom « Baltic 1 », géré par le groupe EnBW (propriété du land du Bade-Wurtemberg, depuis peu aux mains d’une coalition vert-rouge), il est constitué de vingt-et-une éoliennes de quatre-vingt treize mètres de hauteur et 2,3 mégawatts (MW) de capacité chacune.

Conçues par Siemens, leader mondial de l’éolien, lesdites turbines alimenteront quelque cinquante mille foyers en électricité.

Le fabricant a par ailleurs indiqué que la capacité de production de l’éolien offshore pourrait représenter entre vingt-cinq mille et trente mille MW d’électricité à l’horizon 2030, soit de quatre cents à cinq cents fois plus que le parc Baltic 1, première pierre d’un édifice qui devrait donc en compter beaucoup d’autres dans les années à venir.

Les ambitions de Berlin en matière d’éolien marin sont élevées. Il faut dire que les décideurs n’ont plus d’autre choix aujourd’hui que d’exploiter conséquemment le potentiel du pays, nouvelles orientations énergétiques et difficultés faute de place à lancer de nouveaux projets de complexes éoliens onshore oblige.

Les contraintes techniques et le coût élevé des installations en mer ne semblent pas effrayer Mme Merkel, pour qui le Danemark a manifestement été une source d’inspiration. Il faudra aussi éliminer progressivement la plupart des centrales à charbon pour que l’élève puisse prétendre à devenir l’égal du maître.

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L’Agence européenne des produits chimiques sur le gril

09/05 17:57 CET

Industries chimiques - Protection de l’environnement - Union européenne

Deux groupes environnementaux ont décidé de poursuivre l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) devant la justice européenne. Ils lui reprochent de manquer de transparence, en refusant de divulguer les noms de sites qui produisent 356 substances potentiellement dangereuses.

L’Agence, basée à Helsinki, veille à l’application du règlement REACH qui durcit les règles sur les produits chimiques en Europe.

Mais pour les deux plaignants, ClientEarth et ChemSec, en donnant le choix aux fabricants de préserver la confidentialité, elle entrave l’information des consommateurs.

D’après l’ONG ChemSec, les substances en question sont présentes dans de nombreux produits, depuis les détergents et les peintures jusqu’aux jouets, souvent à des concentrations élevées.

Avec Reach, 30.000 substances chimiques utilisées dans l’Union européenne doivent être enregistrées et faire l’objet d’une évaluation. Un processus qui prendra des années encore.

REACH est le règlement sur l'enregistrement, l'évaluation, l'autorisation et les restrictions des substances chimiques.

Il est entré en vigueur le 1er juin 2007. REACH rationalise et améliore l'ancien cadre règlementaire de l'Union européenne (UE) sur les produits chimiques.

Les principaux objectifs de REACH sont d'assurer un niveau élevé de protection de la santé humaine et l'environnement contre les risques que peuvent poser les produits chimiques, la promotion de méthodes d'essai alternatives, la libre circulation des substances au sein du marché intérieur et de renforcer la compétitivité et l'innovation.

REACH fait porter à l'industrie la responsabilité d'évaluer et de gérer les risques posés par les produits chimiques et de fournir des informations de sécurité adéquates à leurs utilisateurs. En parallèle, l'Union européenne peut prendre des mesures supplémentaires concernant des substances extrêmement dangereuses, quand une action complémentaire au niveau européen se révèle nécessaire.

 http://www.clientearth.org/

http://www.chemsec.org/

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Sur le même sujet

 

 

Quelque 1.000 événements sont organisés en France,

du 9 au 15 mai 2011,

dans le cadre des Journées européennes du Solaire.

 

 

 

 

Au menu, portes ouvertes, visites d’installations, débats, jeux, animations en tout genre préparés par les collectivités locales, les professionnels du solaire ou encore les Espaces Info Energie de l’Ademe, ont pour objectif d’informer et de mieux faire connaître l’énergie solaire.

« Il faut revenir aux fondamentaux », déclare Richard Loyen, Délégué général d’Enerplan, association professionnelle de l’énergie solaire.

 

Car si la filière se mobilise pour ces Journées, le nombre de manifestation faiblit par rapport à l’an dernier, s’inquiète tout de même le responsable. Reflet de la conjoncture de ce marché ? Peut-être, si l’on en juge les chiffres publiés récemment, indiquant que le marché du solaire thermique est en légère baisse d’environ 3 à 5%.

 

De son côté, le solaire photovoltaïque ne présente pas de données pour le moment, l’on sait seulement que 700 MW ont été installés courant 2010 et que la région PACA – le marché le plus dynamique de France – affiche 8 MW à fin avril 2011.

 

« Le marché du photovoltaïque est clairement mal en point, ce n’est pas l’euphorie et les mesures du gouvernement ont rendu le marché plus difficile. Aujourd’hui, la question est de savoir s’il va se réveiller », estime Richard Loyen.

 

Pour 2011, le responsable d’Enerplan reste mitigé en ce qui concerne le photovoltaïque, mais table sur une remontée du thermique car le volume de photovoltaïque est désormais presque atteint, au vu des restrictions imposées du moratoire. Une remontée qui serait également la conséquence d’un prix toujours plus élevé de l’énergie comme le pétrole.

 

« Il faut vraiment redynamiser le marché du chauffage solaire, et pour cela nous mènerons des opérations exemplaires cette année », a-t-il ajouté.

 

La filière photovoltaïque pourrait retrouver des couleurs avec l’avènement de la « parité réseau », qui devrait s’opérer entre 2012 et 2017. Cette notion, qui correspond au moment où le coût du kWh délivré par le générateur photovoltaïque devient compétitif par rapport au kWh « conventionnel » délivré par le réseau, interviendra, dès l’an prochain en Allemagne et en Italie.

 

La condition de sa mise en place rapide dans l’Hexagone tient à deux facteurs : « Cela dépendra essentiellement de la baisse des coûts de distribution et de la vitesse à laquelle le prix de l’électricité va augmenter à partir de 2012 », souligne Richard Loyen.

 

Cette parité réseau pourrait, selon des travaux menés par l’EPIA (association européenne de l’industrie photovoltaïque), être envisagée d’ici à 2015 pour des installations supérieures à 500 kW.

Sans compter que d’ici à 2020, les enjeux de performance énergétique, la réglementation et la généralisation des bâtiments à énergie positive (BEPOS) devraient rendre le photovoltaïque et le solaire incontournables dans la rénovation du parc bâti et les imposer comme standard de la construction.

 

« Ces technologies n’attendent pas la France, il faut reprendre le train en marche rapidement »,

 

conclut Richard Loyen.

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Fukushima : on a laissé jouer des enfants avec des allumettes

Plus rien ne semble aujourd’hui en capacité d’arrêter le scénario du pire à la centrale nucléaire de Fukushima.

 

Le réacteur numéro 3 constitue une porte des Enfers que mêmes les cerveaux de l’un des pays les plus avancés technologiquement apparaissent incapables de maintenir fermée.

 

L’enceinte de confinement fuit. Une fusion totale du cœur est vraisemblablement en cours. De quoi laisser craindre trés prochainement un rejet massif de radioactivité dans l’atmosphère.

 

Il y aura, n’en déplaise aux afficionados et aux VRP du nucléaire, un avant et un après Fukushima. Alors que la catastrophe n’est malheureusement pas encore allée jusqu’à son terme, Hubert Reeves, longtemps favorable à l’énergie nucléaire symbolise le revirement d’une partie des populations à l’égard d’une technologie « pour les anges , mais trop dangereuse pour les faillibles humains si facilement négligents quand la routine s’installe, quand la surveillance se « fonctionnarise »“.

 

La nature sait rappeler les hommes à un peu plus d’humilité et c’est bien ce qui est en train de se passer. Dans les colonnes de l’hebdomadaire La Vie, le célèbre astrophysicien explique pourquoi le nucléaire est, à son avis, une énergie trop dangereuse pour être confiée à des humains.

 

« On peut développer les systèmes de sécurité les plus efficaces contre les erreurs techniques, on n’est jamais à l’abri des erreurs humaines. Les principaux accidents nucléaires – Three Miles Islands (1979), Tchernobyl (1986) – ont été provoqués par des erreurs humaines. Le nucléaire exige une sécurité sans faille ».

 

 

A 78 ans, l’astrophysicien n’est pas dupe de la nature humaine, de l’appât du gain financier qui caractérise notre société et qui s’est manifesté en l’espèce sous forme d’économies.

 

« Comment expliquer que des ingénieurs, parmi les meilleurs de la planète, se soient contentés d’un mur de sécurité de moins de sept mètres de hauteur contre les tsunamis, dans une des régions les plus exposées aux risques sismiques de la planète ? Avait-on oublié les vagues de plus de vingt mètres des tsunamis précédents ? »

 

« Comme pour n’importe quel projet de ce type, la question de la sécurité a sans doute été discutée au moment de l’évaluation des devis pour la construction des centrales. On l’évalue en termes de probabilité d’un accident. Il n’existe pas de risque zéro. Mais en pratique, comment prend-on la décision ? C’est là qu’intervient le conflit entre la sécurité et le profit. Ici on a favorisé le profit. On a joué et on a perdu, en livrant des dizaines de millions de personnes aux aléas des mouvements géologiques et des vents » observe Hubert Reeves.

 

L’astrophysicien, président de la Ligue ROC très engagée dans la préservation de la biodiversité, en tire les conclusions qui s’imposent.

 

« De telles erreurs sont possibles et de tels malheurs arrivent dans bien d’autres contextes. La différence, c’est que ces accidents n’ont pas nécessairement une incidence planétaire. Ils ne mettent pas en danger la vie de milliers de personnes. Ce conflit entre la sécurité et le profit est pour moi une des raisons pour laquelle je pense que le nucléaire est une activité trop dangereuse pour être confiée aux « humains trop humains » (pour reprendre l’expression de Nietzsche).

 

On ne laisse pas les enfants jouer avec les allumettes ».

 

Crédit photo : CSTM

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 C’est ce mardi 25 avril que Laure Lechatellier, vice-présidente à l’action sociale et à la santé, Europe Ecologie les verts, a lancé le ‘Pass santé contraception » permettant aux lycéennes, lycéens et apprenti-es d’Ile-de-France d’accéder gratuitement et anonymement  à la contraception.

Concrètement, ces élèves de 16 / 17 ans se voient remettre, par l’infirmière de leur établissement scolaire, un Pass comprenant différents coupons (consultation, prise de sang, analyses médicales, délivrance de tous contraceptifs pour trois à six mois).

Cette mesure, qui devrait concerner 160 000 jeunes dès le mois de mai 2011, vise à défendre l’accès à la contraception des mineurs, sans concertation parentale.

Ils rencontrent en effet un certains nombres d’obstacles (manque de confidentialité, difficultés de financement…) qui peuvent les empêcher de vivre pleinement et sereinement leur sexualité.

Mise en œuvre par les écologistes du Conseil régional, cette nouvelle politique illustre leur attachement à l’accès aux droits à la contraception et à l’IVG. Elle préfigure le caractère ambitieux et innovant que les écologistes et leur vice présidente ne manqueront pas de donner dans les semaines à venir à la prochaine politique régionale de santé. Prévention et santé environnementale y figureront en bonne place.

 
> Europe Ecologie Les Verts Ile-de-France se félicite de cette avancée qui  illustre notre attachement à l'accès aux droits à la contraception et à l'IVG.

> Europe Ecologie Les Verts Ile-de-France souhaite que toutes les régions de  France mettent en place un Pass Santé Contraception, véritable avancée pour  les jeunes dans notre société.

> Pour le Bureau Exécutif Ile-de-France :
> Arlette ZILBERT, chargée d

e l'Egalité
> Jean-Luc DUMESNIL, secrétaire régional
> Natalie GANDAIS-RIOLLET, porte-parole

 

 

Interview

 

La Région Ile-de-France, en par­te­na­riat avec l'Education natio­nale, les com­mu­nau­tés éduca­tives et les pro­fes­sions de santé, a pré­senté le 26 avril son « Pass' Contraception », qui per­met­tra à près de 160.000 jeunes d'accéder gra­tui­te­ment et de façon ano­nyme à une contra­cep­tion pen­dant quelques mois. Retour sur ce dis­po­si­tif avec Henriette Zoughebi, vice-présidente char­gée des lycées et des poli­tiques éduca­tives pour la Région.

Pourquoi avoir mis en place ce dis­po­si­tif« Pass' Santé Contraception » ?

Avec cette mesure, nous sou­hai­tons par­ti­ci­per à l'autonomie des jeunes filles et gar­çons. Or la maî­trise de la fécon­dité est un élément essen­tiel de cette auto­no­mie. Au lycée, chaque jeune se construit et com­mence une vie sexuelle active, c'est pour­quoi il était impor­tant d'accompagner les jeunes.

 

Ensuite, nous avons constaté que la ques­tion de l'égalité entre les filles et les gar­çons, loin d'être der­rière nous, est tou­jours d'actualité. Passer de la mixité à une vraie culture de l'égalité néces­site encore beau­coup de tra­vail, de dis­cus­sions et de nou­velles pos­si­bi­li­tés. Dans ce cadre, la ques­tion de la liberté et de la res­pon­sa­bi­lité des rela­tions sexuelles est extrê­me­ment impor­tante.

 

Des lois existent, notam­ment pour le droit à la contra­cep­tion et à l'IVG (1) pour les jeunes mineures, qui ne sont pas com­plè­te­ment appli­quées faute de moyens. C'est pour­quoi la Région a décidé de prendre une res­pon­sa­bi­lité, à tra­vers un par­te­na­riat étroit avec l'Éducation nationale.

Comment avez-vous tra­vaillé avec le minis­tère de l'Éducation Nationale , et com­ment expliquez-vous ce revi­re­ment de Luc Chatel qui s'était opposé en 2009 à cette idée avan­cée en Poitou-Charentes ?

Nous avons tra­vaillé depuis le départ en co-responsabilité et concer­ta­tion avec l'Éducation Nationale. Nous avons ren­con­tré les rec­teurs et nous avons réa­lisé des pré­sen­ta­tions aux infir­mières et aux équipes éduca­tives.

 

De la même manière, Laure Lechatellier a ren­con­tré l'ordre des méde­cins, des phar­ma­ciens afin que le milieu pro­fes­sion­nel soit aussi inté­gré à ce dis­po­si­tif. Pour que le Pass Contraception arrive aux mains des jeunes, dans les lycées, l'Éducation Nationale devait être par­tie prenante.

 

La dif­fé­rence avec le pro­jet du Poitou Charentes tient notam­ment au fait que le Pass s'adresse aux filles et aux gar­çons. Si la contra­cep­tion c'est d'abord les filles, nous avons investi ce Pass d'une vraie dimen­sion éduca­tive.

 

Les gar­çons ont des ques­tions dans le démar­rage de leur vie sexuelle active. C'est impor­tant qu'ils puissent ren­con­trer, hors de la vue de leurs parents, un pro­fes­sion­nel de santé. Ils ont aussi la pos­si­bi­lité d'avoir un stock de pré­ser­va­tifs. Nous n'avons pas voulu les exclure avec cette idée de res­pon­sa­bi­lité.

 

Autre dif­fé­rence : nous met­tons à dis­po­si­tion des filles toute la palette des contra­cep­tifs dis­po­nibles en étant rem­bour­sés. Ce n'est pas une dis­tri­bu­tion de pilules ! Cela passe par un méde­cin, des ana­lyses si néces­saire, avec le souci d'une adap­ta­tion de la contra­cep­tion à leurs besoins. Un véri­table accompagnement.

En quoi le « Pass' Contraception » joue-t-il un rôle éducatif ?

Nous avons mis en place le dis­po­si­tif « Jeunes pour l'égalité », afin de sen­si­bi­li­ser les équipes éduca­tives aux ques­tions d'égalité avec des experts, des pro­fes­sion­nels. Ce tra­vail ira jusqu'à un tra­vail d'expression de ces jeunes contre le sexisme. A tra­vers de l'art plas­tique, du théâtre-forum, des ate­liers d'écriture, ate­liers radio... Nous sommes sur un dis­po­si­tif com­plet, avec un contenu éduca­tif fort.

 

La contra­cep­tion néces­site une démarche éduca­tive, car elle néces­site une véri­table com­pré­hen­sion. Le Pass' Contraception répond au fait qu'il y ait un nombre impor­tant d'IVG (13.000 chez les moins de 18 ans.

 

Cependant, aujourd'hui de moins en moins de gros­sesses non dési­rées arrivent à terme, ce qui est un pro­grès. L' IVG est un droit très impor­tant car tout le monde peut se tromper. 40% des femmes y ont recours dans leur vie, cela ne concerne pas uni­que­ment les jeunes filles. Il y a égale­ment des rap­ports sexuels non dési­rés et vio­lents.

 

Les rai­sons pour les­quelles les jeunes ont recours à l'IVG sont mul­tiples et ce n'est pas parce que ce sont des « bécasses » ! C'est impor­tant de ne pas stig­ma­ti­ser. Nous don­nons plus de liberté aux jeunes, plus de res­pon­sa­bi­lité et plus de moyens d'accéder à leur autonomie.

Faudrait-il aller plus loin au sein des établis­se­ments, l'éducation sexuelle devrait-elle être inté­grée com­plè­te­ment à l'école ?

Normalement les cours d'éducation sexuelle sont obli­ga­toires de la mater­nelle à la fin du lycée, ce devrait être 3 séances chaque année pour les jeunes. Mais l'école mène ce tra­vail de manière inégale, se basant sur de bonnes volon­tés et les connais­sances des ensei­gnants. Si les pro­fes­seurs de SVT peuvent don­ner les détails scien­ti­fiques, ce n'est pas suf­fi­sant.

 

L'éducation à la sexua­lité doit pou­voir faire la pro­mo­tion d'une culture du res­pect et expli­quer ce que c'est qu'être deux par­te­naires, et y faire réflé­chir les jeunes.

 

Avec ce pro­gramme, nous répon­dons aussi aux pré­oc­cu­pa­tions des vic­times d'homophobie au sein des établis­se­ments. C'est le droit pour cha­cun à être lui-même avec la sexua­lité qui lui convient. Il y a une impli­ca­tion qui va au-delà d'un simple Pass'. Aujourd'hui l'école ne fait pas tout ce tra­vail, car ça ne s'invente pas, ça ne se décrète pas.

 

La culture du res­pect, ce n'est pas juste de le dire. Il faut écou­ter les jeunes, savoir rétor­quer...

 

J'ai par­fois vu des ensei­gnants ne pas réagir à des insultes sexistes car ils sont sidé­rés et ne savent pas répondre. Cette infor­ma­tion doit être dis­po­nible. C'est un tra­vail de for­ma­tion, et aujourd'hui la for­ma­tion des ensei­gnants est gra­ve­ment mena­cée. L'enseignement se fait en classe, mais l'éducation se fait par­tout. Il est temps qu'il y ait une prise en compte plus collective.

 

Tous les jeunes ont accès  à des sites por­no­gra­phiques, à des publi­ci­tés scan­da­leuses... Cela néces­site que de l'école au lycée, il y ait une véri­table éduca­tion sexuelle, mais aussi non-sexiste. Je crois que le rôle de l'éducation est jus­te­ment de construire des rap­ports entre les êtres humains d'une autre qua­lité. Entre filles et gar­çons, femmes et hommes.

 

Propos recueillis par Élise Pierre


 

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Produits chimiques: les pédiatres américains sonnent l’alarme

Le 26 avril 2011 - 1er mai par Geneviève De Lacour journal de l'environnement

 
Dans une déclaration officielle publiée lundi 25 avril, les pédiatres américains, membres de l’Académie américaine de pédiatrie, demandent au gouvernement de renforcer la protection des enfants vis-à-vis des toxiques chimiques. Ces pédiatres souhaitent voir évoluer la réglementation pour qu’elle prenne enfin en compte les personnes les plus vulnérables, c’est-à-dire les femmes enceintes et les enfants.
 
«Les preuves s’accumulent, les enfants sont véritablement exposés à des produits chimiques toxiques que ce soit à la maison, dans les écoles ou dans les bâtiments publics», déclare Sarah Janssen, scientifique au Conseil de défense des ressources naturelles, aux Etats-Unis.
 
Le groupe signale que les enfants en pleine croissance sont beaucoup plus vulnérables aux toxiques que les adultes.
 
De plus en plus d’études établissent un rapport entre une exposition à des produits chimiques et des problèmes de santé chez l’enfant.
 
Publiées la semaine dernière, trois d’entre elles mettent en évidence un lien entre exposition aux pesticides in utero et des retards de croissance chez l’enfant, avec un quotient intellectuel plus faible vers l’âge de 7 ans.
 
D’autres travaux ont montré que des garçons exposés avant la naissance à de fortes concentrations de phtalates, un produit chimique entrant dans la composition des plastiques, avaient plus de risque des développer des malformations.
 
Sur 3.000 substances chimiques produites aux Etats-Unis, seules 12 ont été «correctement testées afin d’évaluer leurs effets sur le développement cérébral», explique Sarah Janssen.
 
Nombreux sont les pédiatres qui se disent soucieux du fait que l’exposition à des toxiques pourraient être la cause de l’augmentation récente des pubertés précoces chez les petites filles américaines, ainsi que d’autres maladies chroniques comme les  allergies, l’asthme, et des problèmes de concentration liés à un phénomène d’hyperactivité.
 
«Lorsque les pédiatres américains sonnent l’alarme, il est grand temps d’agir», déclare Ken Cook, président du groupe de travail Environnement. «Ce sont les médecins qui voient et traitent de plus en plus d’enfants pour des problèmes d’autisme, de cancer ou des troubles du comportement. Et le nombre de ces maladies ne cesse d’augmenter.»
 
«Il existe une grande variété de produits chimiques entrant dans la composition de très nombreux objets vendus sur le marché», déclare Jerome Paulson, pédiatre au Centre médical pour enfants de Washington (Etats-Unis), l’un des principaux auteurs de cette déclaration.
 
Les pédiatres américains souhaitent une refonte totale de la loi américaine sur le contrôle des substances toxiques. La loi date de plus de 35 ans et elle est censée réguler plus de 80.000 substances chimiques